Discrimination physique à l’embauche : mythe ou réalité ?

Notre physique influe-t-il les employeurs ? Notre poids ou notre style vestimentaire peuvent-ils être des freins à l’embauche ? Si la discrimination physique à l’embauche est condamnée par la loi, elle continue pourtant de pénaliser les demandeurs d’emploi.

 
 

Discrimination à l’embauche selon l’âge, les origines mais aussi selon le physique des candidats. Alors que la discrimination à l’embauche est punie par la loi, le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié un rapport qui montre une réalité saisissante. Intitulé « Perception des discriminations dans l’emploi », le dossier s’est penché sur le cas de 998 demandeurs d’emplois âgés de 18 à 65 ans, interrogés entre octobre et novembre 2014. Ainsi, 10% des femmes et 6% des hommes au chômage confient avoir été discriminés à l’embauche à cause de leur apparence physique. Les femmes obèses seraient 8 fois plus souvent exposées que celles dont l’IMC est dans la norme. Du côté du style vestimentaire, les femmes ayant un look atypique seraient 8 fois plus discriminées que celles ayant un style classique.

 
 

10% des femmes et 6% des hommes au chômage confient avoir été discriminés à l’embauche à cause de leur apparence physique. Image du domaine public.

10% des femmes et 6% des hommes au chômage confient avoir été discriminés à l’embauche à cause de leur apparence physique. Image du domaine public.

Mercredi 13 avril 2016, l’émission En Quête d’Actualité est allée sur le terrain pour réaliser une petite expérience. Avec la complicité d’une jeune actrice, l’équipe a contacté 50 entreprises lyonnaises au même moment, en proposant deux CV strictement équivalents. Seule différence : la photo D’un côté, la jolie Christelle, de l’autre, Joanna, à la coiffure un peu ringarde et aux traits moins flatteurs. Les deux personnages interprétés par la jeune actrice grimée ont obtenus des résultats bien différents. Alors que Christelle reçoit 12 convocations à des entretiens, Joanna n’en reçoit que 3. Mathématiquement, à ce stade, Christelle a plus de chance d’obtenir un emploi. Pour le deuxième test, l’équipe décide de donner un coup de pouce à Joanna en améliorant son CV. Avec un Bac +3 et une année d’expérience supplémentaire, elle ne parvient toujours pas à rivaliser avec Christelle : 1 seul entretien contre 11. Si l’expérience n’a rien de scientifique, elle illustre malheureusement bien la réalité puisque 79% des personnes interrogées par l’OIT pensent que leur apparence physique a une influence sur le recruteur.

 
 

Pourtant, la loi Française est stricte à ce sujet et prévoit des sanctions civiles et pénales pour l’auteur des discriminations. Selon l’article 225-2 du Code pénal, « le fait de refuser d’embaucher en raison de l’apparence physique ou de subordonner une offre d’emploi, une demande de stage ou une période de formation en entreprise à une telle condition, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ». S’il est difficile de prouver une discrimination à l’embauche, plusieurs sites comme JuriTravail, proposent des solutions pour démasquer les employeurs discriminants.

 
 
Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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