La canne de combat : du bois et des coups

Avec une longueur de 95 centimètres et un poids d’environ 120 grammes, la canne de combat séduit un public éclectique. Des aristocrates aux bourgeois, des salles d’armes aux jeux olympiques, cette discipline riche et variée s’adapte au fil des époques.

 

Quel enfant peut résister à ramasser un bâton par terre ? Aucun. Pas plus que les adultes qui, sans le savoir, ont très tôt donné naissance aux prémices de la canne de combat. Ainsi, le mot bâton apparaît dès le Moyen-Age et le terme canne, désignant principalement le tuyau et le bambou, émerge à la fin du 12ème siècle. Objet symbolique du pouvoir des monarques, la canne est adoptée par les aristocrates au 17ème siècle. Puis, elle se démocratise rapidement pour devenir un accessoire de mode incontournable, notamment chez les bourgeois. Cette tendance qui durera presque un siècle, s’avèrera être très utile lorsque la canne devient une arme de défense personnelle. Son côté pratique lui vaut rapidement d’être utilisée dans les salles d’armes, tandis que son cousin, le bâton, demeure une pratique militaire. Au 19ème siècle, les pionniers de l’enseignement de la canne et du bâton définissent cet art martial, notamment son affiliation à la pratique de la savate et de l’escrime. Parmi ces précurseurs, on retient principalement Charlemont et Leboucher mais également Larribeau, Foucart ou encore Loze. Depuis, l’enseignement de la canne s’est diffusé et sa pratique était même au programme des jeux Olympiques de Paris en 1924 dans la catégorie des sports nationaux.

 

 

 
 

Les bases de la canne de combat

 

La canne est un morceau de châtaignier de forme légèrement tronconique. Elle mesure 95 centimètres et pèse environ 120 grammes. En canne de combat, on parle d’assaut pour désigner une partie. Un assaut se déroule en temps normal en 3 à 5 reprises de 1min30 à 2min dans une aire de neuf mètres de diamètre. En pratique, les participants réalisent des mouvements de frappe avec le côté de l’arme sur trois zones du corps : la tête, le buste et les jambes. Pour cela, il existe six coups de base :

 

Les coups latéraux, qui peuvent être porté à la tête, aux flancs et aux jambes
Le latéral extérieur
Le latéral croisé

 

Les coups verticaux à destination de la tête de l’adversaire
Le brisé
Le croisé tête

 

Les coups verticaux à destination des jambes de l’adversaire
L’enlevé
Le croisé bas

 

La canne de combat est une discipline comportant cinq spécialités : la canne de combat, le bâton (et sa variante Bâton de Joinville), la double-canne, la canne de défense et la canne chausson.

 
 

La Canne fauteuil : le combat sans distinction

 

Pour son nouveau mandat 2012-2016, le Comité National de Canne de Combat et Bâton (CNCCB) a choisi de soutenir les handicapés. La Fédération Française de Savate Boxe Française et Disciplines associées soutient cette volonté de « structurer et faciliter l’accès à la canne de combat pour les pratiquants handicapés ». Déjà adoptée par certains, la Canne fauteuil est actuellement en cours de développement. Elle permet de pratiquer la canne de combat en position assise, en fauteuil de sport, sur le même principe que la canne de combat classique. La Canne fauteuil prodigue autant d’effets bénéfiques que la version classique. Cette spécialité permet en effet de renforcer la musculature, la souplesse ainsi que la fluidité du haut du corps, tout en restant ludique et tactique. La Canne fauteuil a une véritable volonté d’intégration et peut être aussi bien pratiquée par des personnes à mobilité réduite que par des personnes valides.

 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.



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