Vivre après la mort

En 2015, l’institut déclarait un nombre de décès record. Le pays a enregistré le taux de mortalité le plus fort depuis l’après-guerre avec 600 000 décès, soit une hausse de 7,3% (+ 41.000 morts) par rapport à 2014. Des chiffres, des causes diverses, des accidents qui nous rappelle que si l’on est certain d’une chose lors de notre premier souffle sur terre, c’est de l’existence du dernier. Mais au-delà de cette certitude, la mort demeure l’un des mystères de notre société.

 
 

En 2015, la France a enregistré le taux de mortalité le plus fort depuis l’après-guerre. Image du domaine public.
En 2015, la France a enregistré le taux de mortalité le plus fort depuis l’après-guerre. Image du domaine public.

Alors que l’on ne cesse de nous mettre en garde contre les risques mortels liés à nos habitudes de consommation telles que fumer, boire de l’alcool ou manger trop de matières grasses et sucrées, on reste étonnamment muet sur ce qu’il se passe après. Si l’on considère la mort comme une punition, autant pour l’entourage qui perd un être aimé que pour la personne condamnée à mort, elle pourrait pourtant être le signe d’un nouveau départ. La mort fait partie de la vie mais la vie pourrait-elle fait partie de la mort ? Encore tabous en France, les derniers instants de notre vie se murmurent à peine. Les massacres liés à la guerre, à la politique, à la religion ou à la famine qui inondent les médias ne semblent pas impliquer la mort telle qu’on la connait dans notre cercle d’amour. Car s’il est aisé de zapper d’une mort d’un artiste à un génocide, il est bien plus ardu d’éteindre sa peine et de rallumer son cœur lorsque l’on perd un proche.

 
 

Une existence après la mort ?

 

Si 70% des Français sont aujourd’hui baptisés, seulement 37% se déclarent religieux selon une étude réalisée par l’association de sondages WIN/Gallup International en 2012. 63 % des Français ne s’identifient donc à aucune religion. Pourtant, les trois formes du monothéisme que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam semblent atténuer la souffrance des proches du défunt. L’idée d’une autre vie de qualité supérieure auprès de Dieu permet d’être apaisé quant au destin du disparu et d’espérer le retrouver lorsque son tour viendra. Mais il n’est pas nécessaire de suivre une religion pour croire à l’existence après la mort. Stéphane Allix, journaliste d’investigation, directeur de l’Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (Inrees) et auteur de nombreux livres sur l’au-delà et la possibilité d’une vie après la mort, distingue la religion de la spiritualité. Interviewé par le site Kernews à propos de son dernier ouvrage Le Test, l’ancien reporter de guerre estime que contrairement aux religions qui sont « des structures culturelles et dogmatiques élaborées par des hommes pour structurer ces élans spirituels », la spiritualité défini quant à elle « la relation intime de chaque être avec la transcendance ». Une expérience consistant à laisser quelques objets secrets dans le cercueil de son père et à les faire deviner par des médiums l’a convaincu d’une existence après la mort. Sans preuves scientifiques mais avec une sincérité aussi structurée que répétée, Stéphane Allix parvient à bouleverser les certitudes de ses lecteurs.

 
 

Si les questions funéraires peuvent être réglées de notre vivant, le mystère de l’existence après la mort devra attendre des preuves scientifiques irréfutables ou notre propre décès pour être complètement résolu.

 
 
Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 

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