Le religieux destin de Cat Stevens

07/10/2011

Yusuf Islam né sous le patronyme de Steven Demetre Georgiou et plus connu sous son ancien nom de scène Cat Stevens est un chanteur britannique dont la popularité avait atteint son sommet dans les années 70.


Avec "Cat Stevens" comme nom de scène, il aura vendu des millions de disques, particulièrement entre les années 1960 et 1970.

Né d’une mère suédoise et d’un père gréco-chypriote qui se sont séparés lorsqu’il avait l’âge de huit ans. Malgré leur séparation, ils gardent une vie de famille et partagent la même maison. La famille loge à l’étage au-dessus du restaurant qu’entretient le père.

Son premier instrument de musique est le grand piano qu’il a à disposition chez lui. Très jeune, il est bercé par différentes cultures de par les origines de ses parents mais aussi grâce aux amis et membres de sa famille. Musicalement, il est l’héritier d’une formation classique mais aussi de l’amour pour le populaire et pour les danses et chansons folkloriques grecques que son père écoutait. Le nom de « Cat Stevens » lui a été attribué par sa petite amie de l’époque qui disait que ses yeux ressemblaient à ceux d’un félin.

A quinze ans, il se découvre une passion pour la musique et décide de devenir musicien. Il aurait même eu pour ambition de devenir une célébrité pop-rock.


Avec « Cat Stevens » comme nom de scène, il aura vendu des millions de disques, particulièrement entre les années 1960 et 1970.





Sa démarche spirituelle



Suite à une expérience où il manque de perdre la vie, se retrouvant emporté au large de la côte californienne par un courant puissant, et auquel il parvient à réchapper miraculeusement, Cat Stevens prend la décision de dédier sa vie entièrement à la religion, embrasse l’Islam et adopte le nom de « Yusuf Islam ».


Avant sa conversion à l’islam en 1978, Yusuf Islam commence à s’intéresser au Zen au Yi Jing, à la numérologie, à l’astrologie et aux récits bibliques.


Son frère David, qui après avoir visité Jérusalem, lui rapporte un exemplaire traduit du Coran. Yusuf s’y retrouve entièrement et se documente sur la culture islamique qui siéra complètement à ses attentes spirituelles.




Il décide alors de mettre sa carrière d’artiste pop-rock entre parenthèses mais continue de chanter principalement des chansons religieuses (anasheed). Une parenthèse qui dure seize ans avant la sortie d’un album en 1995 intitulé The Life of the Last Prophet (La vie du dernier prophète).


Il considère alors que le monde de la musique est en totale contradiction avec les préceptes qu’il désire apprendre. Son amour pour les enfants le porte à fonder quatre écoles islamiques en Angleterre dont la réputation de qualité est parmi les meilleures du pays.


Il consacre également une grande partie de sa fortune à l’aide aux victimes de guerres et autres catastrophes naturelles en Bosnie, Irak, Darfour et à Gaza.


En 1979, il épouse Fauzia Mubarak Ali à Londres à la mosquée de Regent’s Park, et aura cinq enfants avec elle.


Son idéal serait un islam ouvert à toute l’humanité. Il maintient l’idée que l’islam a été manipulé par une minorité jusqu’à le rendre méconnaissable. Selon lui,  la meilleure manière de suivre Moïse et Jésus est de suivre Mahomet, dernier prophète venu actualiser les messages antérieurs.


L’ancien acolyte de Jimi Hendrix et de Frank Zappa participe encore aujourd’hui, après son retour à la musique pop en 2006 à des concerts pour récolter des fonds destinés à l’aide humanitaire.


Il se dit le miroir dans lequel les musulmans se regardent pour voir le monde occidental et dans lequel ses compatriotes se regardent pour voir l’islam.


Parmi ses plus grands succès, on connaît bien évidemment Father and Son que l’on nous a tous fait écouter au moins une fois en cours d’anglais à l’école, Wild World, My Lady D’Anbanville ou encore Sad Lisa.





Changement de style


Après sa conversion à l’Islam, Yusuf Islam change de démarche artistique en même temps que de style musical. Le hippie aux cheveux longs devient un musulman à turban, sa transformation choque  autant qu’elle suscite l’admiration.


En 1989, Yusuf Islam est violemment critiqué par la presse qui lui attribue des propos relatifs à son accord avec la fatwa de l’ayatollah Rudollah Jomeini contre l’écrivain Salman Rushdie à cause du blasphème commis dans son ouvrage Les Versets Sataniques. Cette fatwa condamnait l’écrivain à la peine de mort. Yusuf Islam intervient par la suite pour clarifier la situation en déclarant que les médias ont dévié ses propos et qu’il n’est en aucun cas en accord avec cette fatwa.


Cet épisode oublié et après plusieurs années d’absence de la scène, Yusuf Islam réapparaît en 2011 au festival Mawazine de Rabat au Maroc et lors d’un concert organisé en France. Il repart en tournée internationale pour le plus grand bonheur de ses fans qui redécouvrent un Cat Stevens âgé de 62 ans, avec le même timbre de voix et la même énergie qui ont forgé son succès.


• Badr Lebnioury, pour www.sereni.org



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *