L’Enseignement de Mariya

C’était il y a bien longtemps.
Tellement longtemps que les mémoires l’ont oublié.
Mariya était née au pays des hommes.
Son histoire se passe bien après que les hommes s’approprièrent « la force ».
Les femmes étaient soumises à cette force.
Les hommes utilisaient leur force pour construire le monde.
Bientôt, le monde ne fut que guerres et souffrances.
Les hommes utilisaient leur force pour construire et détruire leur monde.
Les hommes s’appuyaient sur cette force pour établir leur couple.
Les femmes devaient s’émerveiller, devaient plaire, devaient suivre la loi des hommes,
Mais dans le silence de leur cœur, elles souffraient.
Elles souffraient de tant de violence, de tant d’arrogance, de tant de malheurs.


Et les hommes continuaient à se croire exceptionnels,
Si une femme n’était pas assez disponible, ils trouvaient normal de la battre.
Pour une femme soumise qui semblait émerveillée par leur prestance,
ils se sentaient grands Seigneurs,
persuadés que c’était une faveur pour cette femme d’être auprès d’eux.
Pourtant cette femme souffrait, parfois sans en être pleinement consciente.
Une normalité s’était imposée : celle des hommes.


Donc, un jour naquit une petite fille du nom de Mariya, avec de grands yeux ouverts sur la réalité du monde.
Elle observait, elle regardait, elle sentait ce monde convulsé, inquiétant.
Elle commença à parler, à oser dire qu’un autre monde était possible.
Les hommes, mais certaines femmes aussi, l’a traitèrent de rebelle, de mauvaise fille.
Une femme osait mettre en doute les certitudes du monde des hommes !
Pire : une femme disait que les hommes étaient dans l’erreur !


Les jours passaient.
Mariya parlait, déterminée à dénoncer.


On chercha à la faire taire.
Beaucoup voulait attenter à sa vie.
En désespoir de cause, on chercha à la marier de force.
Elle refusa et dût se sauver dans la forêt.
Sans ressource, sans protection, on la crût morte.


Mariya marcha longtemps pour être hors de portée des hommes.
« Plutôt la mort que la souffrance, » se dit-elle.
Elle s’installa près d’un ruisseau, et s’assit au pied d’un grand arbre, prête à mourir.


Et les jours passèrent.
Mariya gardaient les yeux ouverts sur la réalité du monde.
Elle voyait les branches qui se balançaient dans le vent, le soleil qui colorait les feuilles , la goutte de rosée qui captait la lumière, le bouillonnement du ruisseau.
Le monde vivait. Aucune violence dans ce monde-là.
Elle était prête à mourir et ce monde était beau et bon.
Pour mourir dignement, il fallait être belle.
Durant de longues heures, elle offrit son corps à cette nature, pour le mériter.
Son corps allait redevenir terre, lentement après sa mort.
Elle ferait alors partie de cette beauté constamment renouvelée.
Elle sentit son ventre devenir plus stable, plus conscient.
L’agitation de ses pensées se calma. Le silence s’installa.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle attendait la mort libératrice.


Elle comprit que les mots qu’elles avaient dit aux hommes étaient vains, que seul le silence était le langage de paix, universellement acceptable par tous.
Non pas un silence qui entérine les situations, mais un silence en peine conscience qui donne l’attention à chaque être existant.


Les oiseaux s’approchèrent..
Les lapins arrivèrent timidement.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle n’avait plus envie de manger.


Mariya restait des heures les yeux ouverts ou fermés, et son attention à la réalité du monde devenait contemplation.
L’arbre dans son dos devint un ami.
Elle l’écouta et elle appris de lui l’importance d’un dos droit, d’un axe sur lequel construire sa vie.


Un renard vint et resta toute une journée à ses genoux.
Les autres animaux s’étaient retirés par prudence.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle vivait en résonance avec tout ce qui vivait.


Mariya sentit son ventre vivant.
Il prenait lentement vie.
Elle se centra sur cet espace.
Elle ferma définitivement les yeux à ce monde.
Par son ventre, elle réalisa qu’elle percevait sons, images et odeurs.
Depuis son nombril, coulait une bienveillance.


Les animaux se sentaient bien auprès d’elle.
En confiance, ils s’approchèrent du renard qui leur fit une place près de Mariya.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait toujours pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle vivait pleinement.


Le renard s’endormit contre le lapin.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas.
Elle rayonnait et son ventre s’arrondissait.


Elle se sentit enceinte.
Enceinte de qui ? de quoi ?
Mariya était enceinte et vierge.
Mystère …


Chaque jour son ventre devenait plus perceptible, plus présent.
Elle réalisait qu’il existait une source en elle, une source qui ne demandait qu’à couler.
Elle se mit à observer cette source.
De son silence, des mots surgirent : accueil, patience, douceur.
Oui, la douceur pouvait devenir une force énorme.
Non plus la force brutale des hommes.
Mais une force de transformation sans violence.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle rayonnait et son ventre s’arrondissait.


Les oiseaux, les lapins, les renards,
les écureuils, les moutons
en ronde autour de Mariya
l’assistaient dans son voyage d’amour.


Oui, Mariya était femme depuis une énergie de femme.
L’arbre dans son dos était fort et stable.
Elle réalisait qu’il y avait une autre façon d’être homme que la force aveugle.
Son dos vertical était homme, son ventre était femme.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle rayonnait et son ventre s’arrondissait.


L’esprit de Mariya se clarifiait : des évidences s’installèrent
Le principe masculin était dans la verticalité, vrai souffle entre ciel et terre.
Le principe féminin était dans l’horizontalité de deux bras qui s’ouvrent, vrai partage et accueil.
L’ »Homme » représentait l’être debout, sans peur.
La « femme » apportait le lien humain entre les êtres, un lien horizontal sur la surface de cette terre.
Elle dessina en conscience ces deux axes, la verticale croisant en son centre l’horizontale.
Elle comprit que chaque personne, homme ou femme, devait vivre à la croisée.
Dans cette union en croix, elle vit que les hommes transformait leur force aveugle en force-sagesse.
Elle réalisa que les femmes étaient compassion par nature.


Les oiseaux, les lapins, les renards,
les écureuils, les moutons, un âne
en ronde autour de Mariya
l’assistaient dans son voyage d’amour.


Elle vit qu’un homme devait développer son axe féminin, horizontal, que la femme devait accepter sa structure masculine, verticale.
Que les deux axes n »étaient pas opposés, mais solidaires.
Que les femmes n’avaient pas à lutter contre ces hommes nouveaux
Que les hommes devaient voir les femmes comme les dépositaires du lien social et humain.
Que cette croix symbolique était l’exacte équilibre entre la force et la douceur,
créant une force tranquille ou une tranquillité déterminée.


Les jours passaient.
Mariya ne mangeait pas
assise sans bouger au pied de son arbre.
Elle rayonnait et son ventre s’arrondissait.


Mariya soudain sentit qu’il fallait aimer les hommes pour eux-mêmes
que leurs erreurs étaient regrettables, mais qu’ils pouvaient changer,
qu’ils avaient besoin de la femme pour changer,
d’une femme qui sache leur enseigner l’autre partie d’eux-même,
leur versant féminin.


Les oiseaux, les lapins, les renards,
les écureuils, les moutons, un âne, un bœuf
en ronde autour de Mariya
sentir qu’il allait se passer quelque chose d’important.


Une étoile monta dans le ciel.
Des centaines d’oiseux nouveaux se posèrent délicatement sur
l’arbre, comme de guirlandes silencieuses.
Des taupes myopes arrivèrent au premier rang.
Mariya se sentait prête à accoucher.
Elle ouvrit les yeux, qu’elle avait gardé si longtemps fermé br>et vit tous ces animaux attentifs.


Elle regarda son ventre, ce ventre qu’elle sentait si rond.
Surprise, elle vit qu’il était creux, vide d’enfant, mais énorme de savoir.
Le temps était venu. Elle poussa un grand cri et elle accoucha de
son enseignement.


Encadrés par un bœuf, un âne et des centaines d’animaux,
sous l’arbre aux oiseaux-guirlandes,
elle fit son premier discours sur la grande réconciliation,
celle de l’homme avec la femme,
celle de la femme avec elle-même,
celle de l’homme avec lui-même.


Les animaux écoutaient.
Ils ne virent même pas venir un premier homme qui s’assit un peu à l’écart,
puis un autre … qui disparu bien vite pour revenir le lendemain
avec des rois qui se prosternèrent devant Mariya.
Elle leur fit signe de s’asseoir en toute simplicité et continua à parler.


Chaque jour, Mariya enseignait les lois de l’amour, de l’entraide, de la fraternité.
Elle parlait d’une nouvelle ère, où les guerres pouvaient être
évitées par le dialogue, par l’écoute.
Ses mots étaient pétris de silence et de paix, d’universalité.


De cette époque, il restera une tradition orale.
Avec le temps, Mariya devint Marie.
Son premier discours prit le nom d’Évangile de Marie.
Le jour où Marie accoucha de son message s’appellera Noël.
Un certain Socrate bien plus tard parlera de l’art d’accoucher des idées.
L’arbre sous lequel Marie médita et enseigna devint l’Arbre de
Noël, l’arbre de la Rédemption.


Puis les temps passèrent.
Les hommes reprirent leurs habitudes, ils imposèrent à nouveau leur force
Et les guerres revinrent, leurs souffrances aussi.


Au fil des siècles, d’autres histoires de ce jour de Noël se développèrent au point d’oublier cette première histoire.
Les hommes reprirent le pouvoir.
Ces hommes en firent une religion où les femmes n’avaient aucune place.
Seule une certaine Marie, toujours vierge restera au cœur de cette histoire.
Mais la tradition nouvelle oublia que cette femme ait pu enseigner aux hommes.
L’Évangile de Marie se perdit dans la nuit des temps.


Une nouvelle Marie est annoncée depuis longtemps.
Peut-être est-elle déjà présente.


Un conte d’Alain Delaporte-Digard, pour www.sereni.org

 



Alain Delaporte-Digard
Pendant ses nombreux tours du monde, Alain Delaporte-Digard a développé une connaissance de l’être dans sa globalité, une compréhension du fonctionnement du corps et de ses blocages, un savoir-faire amenant au savoir-être.
Il a créé avec sa femme Josiane une méthode pour réguler les flux dans le corps, la bioRégulation. Il continue à créer des SPA dans le monde entier (Giorgio Armani à Tokyo, le nouveau paquebot France, …, SPA en Azerbaidjan et au Maroc en cours)

Alain consulte dans son cabinet
Sereni SPA
16 rue de Marignan 75008 Paris
01 42 09 54 69



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *