La parabole du joyau dans la doublure du vêtement

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Extrait du chapitre VIII du Sûtra du Lotus « Prophétie de l’illumination à cinq cents disciples » (Le Sûtra du Lotus, Ed. Les Indes savantes, p. 153-154.)


Honoré du monde, c’est la même chose que l’histoire de cet homme qui, s’étant rendu chez un ami proche et ayant trop bu, s’était couché pour dormir. Son ami dut alors partir pour ses affaires. Mais, avant de sortir de la maison, il prit un joyau d’une valeur inestimable et le cousit dans la doublure du vêtement de l’homme endormi. Ce dernier, qui cuvait son vin, ne se rendit compte de rien. À son réveil, il partit vers d’autres contrées. En quête de nourriture et de logement, il dut faire preuve d’énergie et d’endurance, affronter bien des vicissitudes et accepter le peu qu’on venait à lui proposer.


Par la suite, il lui advint par hasard de rencontrer cet ami proche. Celui-ci lui dit : “C’est vraiment absurde, mon vieil ami, que tu aies été contraint à de tels expédients pour te nourrir et te vêtir ! Il y a quelque temps, j’ai voulu m’assurer que tu puisses vivre agréablement et satisfaire aux cinq désirs, c’est pourquoi j’avais cousu ce jour-là dans la doublure de ton vêtement un joyau de grand prix. Il doit toujours être là. Mais tu n’en savais rien, et tu te démenais et t’épuisais à gagner ta vie. Quelle absurdité ! Prends vite ce joyau et va l’échanger contre des marchandises. Tu pourras alors avoir tout ce que tu souhaites à tout moment et tu ne connaîtras plus jamais le manque ni la misère.”


Le Bouddha est comme cet ami. Lorsqu’il était encore un bodhisattva, il nous instruisait et nous convertissait, en nous insufflant la détermination de rechercher la sagesse omnisciente. Au bout de quelque temps, nous avons oublié tout cela et sommes devenus indifférents et ignorants. Ayant accédé à la voie des arhat, nous supposions avoir obtenu l’extinction. Gagner notre vie étant chose ardue, nous n’avions d’autre choix que de nous contenter du peu qui se présentait. Cependant, nous n’avions pas encore perdu le désir d’arriver à la sagesse omnisciente. Voilà que l’Honoré du monde nous éveille et nous rend conscients en nous disant : “Moines, ce que vous avez acquis n’est pas l’extinction ultime. Pendant longtemps j’ai fait en sorte que vous cultiviez les bonnes racines de la bouddhéité, et en me servant d’un moyen opportun je vous ai montré les signes extérieurs du nirvana, mais vous avez véritablement cru que vous aviez atteint le nirvana.”


Honoré du monde, nous comprenons, à présent. En fait, nous sommes des bodhisattvas, à qui il a été délivré la prophétie qu’ils atteindraient l’anuttara-samyaksambhodi.


Pour cette raison, nous sommes transportés de joie car nous avons obtenu ce que nous n’avions jamais eu auparavant. »

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