Troubles alimentaires : quand internet s’en mêle

Si la France est reconnue pour sa gastronomie, une réalité plus nuancée se cache derrière cette vitrine culinaire appétissante. Manque de temps entraînant la malbouffe ou trop gourmands, beaucoup de Français s’en tiennent à de légers travers. Mais les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont multiples et peuvent toucher tout le monde.

 
 
Les TCA regroupent différentes formes dont l’anorexie mentale et la boulimie nerveuse. Pour soigner ces troubles, seulement 22 structures spécialisées sont accessibles en France. Un chiffre plutôt faible comparé aux 40 000 français souffrant d’anorexie mentale, l’une des pathologies psychiatriques les plus mortelles. Selon France Info, il s’agit d’adolescentes dans 90% des cas.

 
 

Ana et Mia, reines d’internet

 

En quelques clics, ce sont des milliers de forums et blogs autoproclamés pro ana (pro anorexie) et pro mia (pro boulimie) qui s’affichent.

En quelques clics, ce sont des milliers de forums et blogs autoproclamés pro ana (pro anorexie) et pro mia (pro boulimie) qui s’affichent.

En quelques clics, des forums et blogs autoproclamés pro ana (pro anorexie) et pro mia (pro boulimie) s’affichent. Si les TCA ne sont pas contagieux, les sites « prônant » ces maladies sont bel et bien viraux. Pour lutter contre ce phénomène poussant les personnes fragiles à rejoindre le mouvement, un amendement a été déposé en avril 2015 par Olivier Véran (PS). Celui-ci condamnait les sites incitant à l’anorexie avec un an de prison et 10 000 euros d’amende. Un amendement rapidement critiqué par les professionnels et les associations de prévention et de lutte contre les TCA. Une récente étude a en effet montré que « les auteurs des sites web visés par cette disposition souffrent eux-mêmes de TCA et pourraient être encore plus fragilisés par une répression pénale », a rapporté la présidente de la commission des Affaires sociales, Catherine Lemorton (PS) devant l’Assemblée Nationale. Un discours qui a fait mouche puisque le délit d’incitation à la maigreur excessive du projet de loi santé a été supprimé le 25 novembre 2015.

 
 

Hyper contrôle ou dépendance totale ?

 
Perçues comme des personnes ayant un grand contrôle de soi, les anorexiques donnent l’impression de maîtriser leur alimentation. Une récente étude a montré qu’il s’agit en fait d’une dépendance à un automatisme, à un processus auquel les malades s’attachent. Psychanalyste et membre du premier groupe de réflexion français sur le surpoids, Catherine Grangeard, s’est penchée sur le sujet. Pour elle, une personne atteinte d’anorexie « n’a plus le contrôle mais est sous-contrôle d’une obsession ». Selon Catherine Grangeard, « On ne décrit pas assez l’anorexie comme cette incapacité à conserver cette maîtrise au point d’en devenir l’esclave ». Ce sont les excès tels que le contrôle et la dépendance qui favorisent une maladie mentale comme l’anorexie.

Si l’anorexie demeure l’une des pathologies psychiatriques les plus mortelles, la boulimie, l’obésité et autres troubles alimentaires touchent de nombreux Français. 220 000 Français vivraient alors avec la boulimie tandis que 6,5 millions de Français sont considérés comme obèses.

 
 
Sarah Belnez pour Sereni Magazine



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