Tout est bon dans le saumon ?

En toast pendant les fêtes de fin d’année, en papillote accompagné de petits légumes, le saumon est largement apprécié des Français. Mais ce délicieux poisson est également un hôte de choix pour les polluants organiques persistants (POP).

 
 

Riche en Oméga-3 et Oméga-6, le saumon d’élevage est également riche en pesticides et substances cancérigènes. Mais peut-on parler de saumon d’élevage sans mentionner la Norvège ? Avec seulement 12 000 pêcheurs qui se partagent 6 000 bateaux, la Norvège s’impose comme le deuxième exportateur mondial de poissons après la Chine. Si la France est son premier client, la Norvège est également le premier fournisseur de la France avec 85% des parts de marché.

 
 

Riche en Oméga-3 et Oméga-6, le saumon d’élevage est également riche en pesticides et substances cancérigènes. Image du domaine public.


 
 

Avec une activité moins intense et une alimentation artificielle, le saumon d’élevage a une valeur nutritive moins importante que le saumon sauvage. Cette différence se ressent notamment dans la proportion d’Oméga-3 par rapport aux Oméga-6. En raison de son alimentation à base de céréales, le saumon d’élevage contient bien plus d’Oméga 6.
 
 

Lutter contre les poux

 

Couramment utilisé en agriculture, le diflubenzuron est un pesticide administré aux poissons d’élevage pour lutter contre les poux (Lepeophteirus salmonis). Avec 3 milligrammes par kilogramme de poisson par jour pendant 14 jours et des délais de 100 jours avant la vente des poissons traités pour permettre l’élimination de la molécule de la chair du poisson, il reste moins de 50 microgrammes de diflubenzuron par kilogramme de poids total de poisson. Un nombre qui reste sans danger pour l’Homme mais qui n’est pas sans conséquence pour la faune alentour. Selon le ministère de la Santé norvégien, 1 611 kilos de diflubenzuron ont été déversés dans les élevages en 2012. De quoi traiter 38 000 tonnes de poissons et tuer de nombreux crustacés… Mais ce n’est pas tout. Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), lorsqu’un organisme ingère du diflubenzuron, un autre composant se forme dans l’intestin et l’estomac de celui-ci : la parachloroaniline (PCA) qui serait hautement cancérigène.

 
 

Changement d’alimentation

 

Le changement d’alimentation des saumons d’élevage comporte autant de bonnes nouvelles que de mauvaises. Du côté des antibiotiques, la majorité des élevages norvégiens a renoncé à les utiliser selon Greenpeace Norvège. Ils sont en effet devenus obsolètes depuis que les saumons sont vaccinés. On constate également des progrès sur les PCB (polychlorobiphényle) et dioxines, ces résidus industriels soupçonnés d’être cancérigènes. Ils auraient en effet reculé d’un tiers en dix ans. Mais les PCB ont rapidement trouvé un successeur avec l’éthoxyquide. Incorporée aux huiles et farines de poissons qui servent à nourrir les saumons, l’éthoxyquide évite que celles-ci s’oxydent durant le transport. Et si l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, reconnaissait n’avoir pas suffisamment de données pour évaluer son impact sur la santé humaine en 2013, l’éthoxyquide est bel et bien interdite en tant que pesticide, au sein de l’Union européenne.

 
 
 
Pour limiter notre exposition aux pesticides et aux substances cancérigènes, il est conseillé de de le remplacer par des espèces similaires telles que le saumon sauvage d’Alaska ou du Pacifique, ainsi que la truite saumonée ou de consommer du saumon biologique. Le saumon certifié « agriculture biologique » garantit une densité moins importante : 30 kg par mètre cube au lieu des 50 kg maximum.

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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