L’a sexualité sans tabou

Dans les médias, les magasins et les cinémas, le sexe s’invite régulièrement sans tabou. Mais l’absence de sexualité demeure un mystère pour ceux qui jouissent sans difficulté d’un moment charnel.

 

Ne pas confondre attirance sexuelle et attirance romantique. Image du domaine public.
Ne pas confondre attirance sexuelle et attirance romantique. Image du domaine public.

 

Entre la gastronomie et la romance qui caractérisent notre pays, être épicurien est presque dans nos gènes. Pourtant, après un verre de Bourgogne et une crêpe bretonne, une minorité de Français préfèrent éviter tout dessert coquin. Parfois pointées du doigt, les personnes asexuelles ne décident pourtant pas de ne ressentir aucune attirance sexuelle. S’il est difficile d’obtenir des chiffres précis, on estime qu’il existe environ 1% de la population qui se reconnaît dans la définition de l’asexualité. Mais s’ils sont peu nombreux, il existe plusieurs associations qui luttent pour que l’asexualité soit bel et bien reconnue comme une orientation sexuelle et non comme un choix. Car beaucoup confondent asexualité et abstinence, deux phénomènes bien différents puisque contrairement à l’asexualité, l’abstinence résulte d’une privation. Or, une personne asexuelle peut tout à fait vivre toute son existence sans sexe tout en étant heureuse et en bonne santé. C’est plutôt le regard des autres et la peur de ne pas trouver une personne compréhensive qui pourraient être responsables d’un sentiment de frustration. Si certaines personnes asexuelles sont répugnées à l’idée d’avoir un rapport intime, d’autres parviennent à l’envisager, pour avoir naturellement un enfant, pour faire plaisir à sa moitié ou pour d’autres raisons qui leur sont propres.

 

Sans sexe mais jamais seul

 

En plus de la pression exercée par la société, les personnes asexuelles doivent faire face aux besoins de la personne présente dans leur lit. Car si l’attirance sexuelle est absente, le désir d’entretenir une relation romantique est généralement bien présent. Mais comment faire lorsque la personne en face de soi ne conçoit pas la sexualité de la même manière ? En France, l’association AVA permet à quiconque de comprendre cette orientation sexuelle et de s’exprimer sans aucun jugement. Grâce aux réseaux sociaux et à des sites de rencontres spécialisés, de plus en plus de personnes asexuelles s’orientent d’abord vers des personnes ayant la même orientation sexuelle. Une démarche qui permet de ne pas frustrer son/sa partenaire tout en évitant la crainte de devoir un jour passer à l’acte pour faire plaisir à l’autre. Il faudra néanmoins que les candidats à l’amour soient vigilants et fassent le tri entre les profils de personnes asexuelles et les internautes en quête d’amitiés virtuelles ou IRL (In real life/dans la vraie vie) perdus sur internet.

 

Si vous vous reconnaissez dans la description de l’asexualité, sachez que vous n’êtes ni bizarre, ni seul(e). N’hésitez pas à rejoindre des forums ou à prendre contact avec des associations spécialisées si le besoin d’en parler se fait ressentir.

 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 

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