La dissection d’animaux désormais interdite dans les collèges et lycées

Interdite en décembre 2014, la dissection d’animaux a finalement été de nouveau autorisée dans les collèges et lycées en avril 2016. Mais le procédé continue de faire débat puisqu’il a finalement été interdit en juillet 2016.

 
 

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La dissection d’animaux désormais interdite dans les collèges et lycées. Image du domaine public.


 

D’abord interdite en décembre 2014 par le ministère de l’Éducation, la dissection d’animaux a finalement été de nouveau autorisée dans les collèges et lycées en avril 2016. Le Conseil d’État a en effet décidé d’annuler l’interdiction de disséquer des souris ou des grenouilles en cours des Sciences de la Vie et de la Terre. Mais un nouveau rebondissement a rassuré les défenseurs de la cause animale puisque la dissection a finalement été interdite dans les collèges et lycées pour la rentrée 2016. Dans une circulaire publiée le 25 juillet 2016, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, interdit les dissections d’animaux morts élevés à seule fin d’expériences scientifiques. Cependant, les dissections restent autorisées sur les invertébrés (à l’exception des céphalopodes) et sur des vertébrés ou sur des produits issus de vertébrés faisant l’objet d’une commercialisation destinée à l’alimentation.

 
 

« Se confronter eu réel »

 

La première circulaire ministérielle de décembre 2014 avait provoqué un vif mécontentement chez le Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES). Les enseignants de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) ont notamment critiqué le fait que la circulaire s’appuie sur des textes réglementaires européens. En effet, élever des animaux dans le seul but de les tuer pour les disséquer va à l’encontre de la directive européenne 2010/63/UE. Celle-ci prévoit la réduction de l’utilisation animale et son remplacement par des méthodes alternatives (vidéo numérique, logiciels multimédia, etc). Une solution qui déplaît fortement au SNES pour qui « la confrontation au réel est essentielle dans l’enseignement des sciences expérimentales ». Dans un communiqué publié le lundi 11 avril 2016, le SNES explique que « les solutions alternatives actuellement proposées sont loin de pouvoir remplacer la manipulation du vivant » et que « le travail sur du matériel réel amène à se poser des questions sur les responsabilités humaines, à être plus enclin à respecter la vie animale ».

 
 

Vers une science responsable

 

Pour les défenseurs de la cause animale, ces arguments ne sont pas suffisants pour contester l’interdiction de la dissection dans les collèges et lycées. Lorsque que l’interdiction de décembre 2014 fut annulée par le Conseil d’État, Jean Servant, professeur de SVT, a décidé de lancer une pétition remise à la ministre de l’Éducation nationale. Il contestait l’idée que « l’intérêt de la dissection prévaut sur l’intérêt à vivre des souris ».

 

Antidote Europe, qui n’est pas une association de défense animale mais une association qui œuvre pour une science responsable explique que la dissection n’est pas forcément la méthode la plus pédagogique et que « des études ont montré que les méthodes d’enseignement sans recours aux dissections ou expérimentations animales permettaient une meilleure acquisition des connaissances et un meilleur développement des aptitudes techniques ». En effet, « sur onze publications citées entre 1989-2006, neuf ont évalué l’acquisition de compétences en chirurgie de futurs vétérinaires, dont 45,5 % (5/11) ont démontré des résultats d’apprentissage supérieurs en utilisant des alternatives ; 45,5 % (5/11) ont démontré des résultats d’apprentissage équivalents, et 9,1 % (1/11) ont démontré un niveau d’apprentissage moindre. Vingt et une études concernant des étudiants non vétérinaires dans des disciplines proches (biologie) ont également été publiées de 1968 à 2004, dont 38,1 % (8/21) ont démontré un résultat supérieur ; 52,4 % (11/21) ont démontré une équivalence, et 9,5 % (2/21) ont démontré des résultats d’apprentissage inférieurs en utilisant des méthodes alternatives ».

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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