Bar à chats, un concept qui fait débat

Depuis l’ouverture du premier bar à chats français à Paris en 2013, plusieurs établissements se sont ouverts partout dans l’hexagone. Entre curiosité et inquiétude relative au bien-être animal, le débat est loin d’être terminé.

 
 

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Le Chat Bulleux est situé au 112 Rue de la Préfecture à Dijon. Crédit photo : Sarah Belnez.


 

À Paris, Nantes, Lyon, Besançon ou Dijon, l’ouverture de bars à chats divise l’opinion publique. Alors que certains se réjouissent de pouvoir passer du temps avec ces animaux qu’ils ne peuvent adopter dans leur appartement, d’autres s’inquiètent du bien-être animal. À Dijon, le Chat Bulleux ne s’est pas fait que des amis et une page Facebook « Non au bar à chats à Dijon » s’est créée le 13 octobre 2016, soit presque deux mois avant l’ouverture de l’établissement. Les opposants au Chat Bulleux considèrent que « les bars à chat utilisent les chats comme des objets, surfant sur la mode de la « ronron thérapie » pour faire du profit. Aucun commerçant ne va mettre un client dehors parce qu’il aura dérangé un chat qui dormait, ou alors il se coule lui-même. Les chartes affichées ne sont que de la poudre aux yeux, il suffit de lire les témoignages de certains clients sur TripAdvisor. En ce qui concerne l’établissement de Dijon, le propriétaire est un individu qui cherche à faire du profit et n’a aucun autre objectif ». Un argument qui fait rire jaune le gérant du Chat Bulleux, Mikael Boudal*. Formateur en hygiène et sécurité, le bar à chats n’est pas suffisamment florissant pour être son activité principale.

 
 

Pour ou contre le bar à chats ?

 

Concernant le bar à chats dijonnais, chaque partie possède des arguments :

 

« Non au bar à chats à Dijon » :

 

« Si les clients veulent caresser des chats, et n’ont pas la possibilité d’en adopter, ils peuvent être bénévoles dans une association ».
 
– Mikael Boudal a abandonné 4 chats dans ses anciens locaux vides à Bergerac.
– Il n’a aucune connaissance des chats. Un chat a besoin d’un environnement stable, calme, et n’aime pas être caressé par des étrangers.
– Un chat a eu la diarrhée sur une cliente et a les yeux qui pleurent.
– Les horaires d’ouverture sont trop conséquents.

 
 

Mikael Boudal :

 

« Dans la protection animale il y a la théorie et la pratique. Il y a des gens qui sont très forts pour sortir de grands discours, moi je préfère me contenter de la pratique et de m’occuper de mes chats ».

 

– C’est une page pleine de contre-vérités avec une vraie instrumentalisation des faits. J’ai laissé 4 chats à Bergerac car une personne avec qui j’ai travaillé voulait reprendre l’activité. Pour des raisons financières, son projet n’a pas pu aboutir. Deux chats ont été repris par l’association Brigitte Bardot et les deux autres ont été adoptés.
– On est obligés de suivre une formation, je n’ai pas été plus loin que ça mais à partir du moment où on leur donne de l’affection et de l’amour ça leur suffit.
– Je suis arrivé sur Dijon le 13 novembre, le 14 au matin j’étais déjà chez le vétérinaire. Pépito a été abandonné à deux mois, il n’était pas sevré donc il est plus fragile. Il a eu une conjonctivite quand on est arrivés, il y a 15 jours il a fait des diarrhées à répétition parce que les gens ont tendance à vouloir leur donner des choses alors qu’on leur dit de ne pas le faire.
– De quel droit ces personnes veulent se placer au-dessus de la loi ? Je pense qu’il y a la liberté d’entreprendre et je respecte la réglementation. Si les personnes ont des questions, qu’elles viennent directement sur place.

 
 

Bien-être animal et loi

 

Le concept étant très récent en France, il n’existe pas de réglementation spécifique aux bars à chats. Pour assurer la protection des chats, l’activité est donc régie par le code rural et de la pêche maritime et par l’arrêté du 3 avril 2014 fixant les règles sanitaires et de protection animale. Mais cette législation semble insuffisante pour les défenseurs de la cause animale. Dans une période où la condition animale est plus que jamais remise en question, le débat sur le concept de bar à chats s’inscrit au-delà du Chat Bulleux.

 

Et vous, que pensez-vous des bars à chats ?

 

*Mikael Boudal, le propriétaire du Chat Bulleux, vient tout juste de quitter Bergerac où il avait également lancé un bar à chats. L’affaire n’ayant pas marchée, sa vie personnelle l’a amené à entamer un nouveau chapitre à Dijon.

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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