Quand le cinéma français n’a Peur de rien

Sorti le 10 février 2016, Peur de rien a touché les Français par sa fraicheur et sa sensibilité. Avec ce drame, Danielle Arbid nous plonge dans le Paris des années 90’, animé par une jeunesse qui se cherche. Peur de rien ou deux heures de liberté Pascalienne avec Vincent Lacoste, Paul Hamy, Damien Chapelle et la sublime Manal Issa, récompensée au Festival de Cinéma Européen des Arcs en 2015 pour son interprétation.

 
 

Lina, 18 ans, est belle mais ne le sait pas. Assoiffée de vie, la jeune libanaise quitte son pays pour étudier en France, à Paris. La liberté d’apprendre, d’aimer, de vivre : Lina est seule mais jamais fragile. Portée par ses rencontres amoureuses, elle part à la conquête de la capitale avec pour seule valise la fureur de vivre. Les cigarettes inondent encore les lieux publics, Charles Pasqua est ministre de l’Intérieur tandis qu’Étienne Daho n’a pas quarante ans. Tout est possible. Et pourtant, pour Lina, « jusqu’ici, tout est laid ».

 
 
 

Franck Black des Pixies, Étienne Daho, Noir Désir, Niagara, Bachar Mar Khalife, sans oublier les compositions de Damien Chapelle alias Julien, le gentil dealer, nous plongent dans un univers aussi mélancolique qu’impétueux. À la croisée des mondes entre le Liban et la France, entre les cris familiaux et la découverte du rock, Lina se découvre et choisi son destin.

 
 
 

 
 
 
Dehors, les gens quittent leur pays pour fuir le terrorisme et la guerre, viennent en France par défaut pour se retrouver dans la boue, sans repères et sans tolérance. Qu’il est bon de vivre pendant deux heures, dans cette petite salle pleine, la liberté de voyager, de choisir, d’être. Non pas de fuir les bombes mais de découvrir Manet, l’histoire de l’art et l’art de vivre l’instant présent.

 

 

Danielle Arbid avait 17 ans lorsqu’elle a quitté le Liban pour la France. Et si elle promet que son film n’est pas autobiographique, la sensibilité qui s’en dégage est trop belle pour être inventée. Les couleurs estivales du Liban, les pastels, les lumières aussi douces que torrides, Lina est un caméléon et vogue à travers des univers aussi enveloppants qu’acides. Peut-être pas autobiographique mais créateur de destin pour Manal Issa, qui s’est découverte tout au long du tournage. Loin de ses études d’ingénieur, la jeune femme a commencé l’aventure Peur de rien grâce à un repérage Facebook de Danielle Arbid. Sans expérience dans la comédie, Manal Issa s’est rendue à l’audition malgré l’interdiction de son père, favorable à la censure des films de Danielle Arbid au Liban. Pourtant, depuis 1999 la réalisatrice enchaîne les films qui lui valent une reconnaissance immédiate de ses pairs et du public en France et dans le reste du monde. Après Le Passeur, Dans les champs de bataille, This Smell of Sex, Beyrouth Hotel ou encore Les Apaches, la réalisatrice franco-libanaise nous prouve qu’elle n’a vraiment Peur de rien.

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 



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