Le Gap Year ou la parenthèse utile

08/09/2011


Prendre quelques mois ou une année toute entière pour marquer une pause dans ses études ou son travail, voilà une idée qui en séduirait plus d’un.

 

Le gap year se présente alors comme une alternative pour les étudiants qui souhaitent se découvrir une vocation ou simplement faire une pause hors du système scolaire.


Le gap year (à traduire littéralement par année sabbatique) ou la « parenthèse utile » en français, est un concept qui nous vient des pays scandinaves et anglo-saxons et qui consiste à mettre entre parenthèses pendant une certaine période son parcours scolaire, souvent entre le bac et l’entrée à l’université.

Une année sabbatique ?


Non ! Entamer un gap year permet d’opérer une progression dans le développement personnel au sens large, de constituer des projets professionnels pertinents et durables, d’expérimenter ses orientations professionnelles. On se donne aussi le temps de la réflexion et une opportunité d’affronter la vie et les obstacles qui peuvent se mettre en travers de notre chemin.


Sans parler bien sûr de l’amélioration du niveau de langue et de la découverte de cultures étrangères.


Une enquête du Ministère de l’éducation britannique a démontré que la réalisation d’une parenthèse utile permet d’éviter de perdre du temps, de l’argent et d’autres ressources précieuses comme la motivation et la curiosité d’apprendre. Au contraire, elle les développe !


L’entrée à l’université, en master ou dans le monde du travail est simplement décalée. Il ne s’agit nullement de ne rien faire mais d’acquérir de l’expérience.

Qu’en est-il en France ?

 

Projects Abroad, association internationale de volontariat, se donne pour mission de promouvoir en France l’idée du gap year avant l’entrée à l’université. Choisir immédiatement ce qu’on va faire toute sa vie peut s’avérer difficile pour des jeunes en manque de visibilité quant à leur avenir. Le système français est réputé pour précipiter lycéens et étudiants dans un parcours scolaire qui laisse très peu de possibilités pour relever la tête et réfléchir à ses vrais intérêts. Les étudiants se retrouvent très souvent au milieu d’une spirale infernale qui les conduit du lycée à l’université et de l’université au monde du travail.


Sur le site de lEtudiant.fr, une étude a prouvé qu’environ 90 000 étudiants n’arrivent pas à poursuivre leurs études. Sur l’ensemble des étudiants en première année à la fac, 30% redoublent, 16,5% se réorientent et 6% arrêtent complètement leurs études.


Le gap year se présente alors comme une alternative pour les étudiants qui souhaitent se découvrir une vocation ou simplement faire une pause hors du système scolaire.


Pour partir en gap year avec Projects Abroad, aucune qualification particulière n’est requise pour participer. Il suffit de choisir sa mission dans l’humanitaire, l’écovolontariat, l’enseignement ou encore l’encadrement sportif ainsi que sa destination et avoir 16 ans au minimum.

Financement du voyage

 

Comme chaque périple, celui-ci a un prix. Comptez 1995 euros pour une mission d’enseignement d’un mois en Chine et 3300 euros pour la même mission sur 3 mois. Pour une mission de journalisme de 3 mois en Mongolie par exemple, il faut compter 2700 euros. A noter que ce prix intègre toutes les charges dont il aurait fallu vous acquitter une fois sur place à savoir, le logement, la nourriture et l’assurance. Seul le billet d’avion est à vos frais.


Et pour les personnes qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour financer leur voyage, le site de Projects Abroad propose un guide de financement de missions de volontariat, téléchargeable librement. Dans ce guide, plusieurs possibilités pour récolter de l’argent vous sont présentées. Vous y trouverez des astuces pour organiser des tombolas, des évènements sponsorisés ou comment monter un dossier de demande de financement auprès d’un organisme.


Cette pratique peut toutefois comporter un risque non négligeable. En effet, certaines personnes dont l’expérience a été fructueuse, tendent à la renouveler plusieurs fois jusqu’à développer une certaine addiction. Or la stabilité reste un critère d’embauche très important en France. Une stabilité qui devient bancale lorsqu’on prend goût à l’aventure.


• Badr Lebnioury, pour www.sereni.org



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