« L’économie du couple » : séparés sous le même toit

Sorti le 10 août 2016, « L’économie du couple » nous fait pénétrer dans l’intimité d’un couple en pleine séparation. Garde des enfants, partage des biens, cohabitation… Le cinéaste belge Joachim Lafosse capture un quotidien pesant mais déjà nostalgique d’une époque révolue.

 
 

« Issue d’une famille riche, Marie a épousé Boris, avec qui elle a eu deux filles. C’est lui qui a réalisé la grande majorité des travaux de la maison qu’elle a achetée. Un jour, s’étant éloignés l’un de l’autre, ils décident de divorcer. Marie souhaite récupérer la bâtisse, dont elle est officiellement la propriétaire. Mais Boris, faute de moyens, ne parvient pas à trouver un autre logement. Il décide donc de rester sur place. La cohabitation est difficile et chaque jour plus tendue. Les disputes sont incessantes. Marie ne supporte plus l’attitude infantile et ingérable de son ex-mari et Boris ne pardonne pas à Marie de l’avoir quitté… »

 

 

Selon l’Insee, 123 500 divorces ont été prononcés en 2014 (-1,1% par rapport à 2013), soit 338 par jour. Si la moitié des divorces sont prononcés par consentement mutuel, l’autre moitié implique des procédures judiciaires parfois longues et compliquées. Marie (Bérénice Bejo) et Boris (Cédric Kahn) font partis de la seconde catégorie. Plus difficile encore, ils sont séparés mais, ne parvenant pas à trouver un accord financier, continuent de vivre sous le même toit. Tout au long du film, ils se disputent sur le même sujet : l’argent. Elle, ne veut lui offrir qu’un tiers de la valeur de leur maison tandis que lui en exige la moitié. Chacun refuse de lâcher du terrain, n’hésitant pas à se donner en spectacle devant leurs filles. Marie elle-même le dit : « ça en devient pathétique ». Comment peut-on aimer quelqu’un passionnément et parvenir à le détester, à ne plus supporter sa simple présence ? Pour la mère de Marie, sa fille renonce trop facilement « on ne peut pas désirer toute la vie la même personne […] mais l’amitié peut remplacer le désir et ça c’est éternel ». Fossé entre deux générations. La femme expérimentée ajoute « qu’autrefois on savait réparer. On réparait les chaussettes, les frigidaires…et maintenant on jette. Dès qu’il y a un problème on jette. C’est pareil dans un couple, dès qu’il n’y a plus de désir on jette ». Dans cette bataille sans fin, les anciens amants parviennent à retrouver un moment de complicité lors d’une danse partagée avec leurs filles. Un moment chargé d’émotions car, en regardant ses enfants, on regarde tous ces souvenirs gâchés et une infinité de possibles qui s’envolent…

 
Au-delà des sentiments négatifs qui se répercutent sur toute la famille, le conflit financier auquel fait face le couple est symptomatique d’une époque. Pour le cinéaste Joachim Lafosse « autrefois, on restait ensemble pour des raisons morales, aujourd’hui, on le fait pour des raisons financières ».

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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