Que fait-on des premiers cheveux de bébé ?

14/12/2011

Les cheveux ont dans toutes sociétés, une symbolique forte. Tantôt élément de séduction, tantôt symbole de force, ils peuvent aussi devenir une relique, comme en Occident, où il est d’usage de conserver une première mèche de son enfant. De par cette conception, la première coupe de cheveux donne lieu à divers rituels marquant cette première « expérience » de vie.

En Occident, on coupe les cheveux de bébé au plus tôt pour les voir repousser « plus épais » et en meilleure santé.



En Occident, on coupe les cheveux de bébé au plus tôt pour les voir repousser « plus épais » et en meilleure santé. Bien que les lois de la génétique contredisent le mythe, la croyance perdure. Au diable la programmation génétique de la texture du cheveu qui veut que son diamètre augmente avec l’âge. Une première coupe de cheveux thérapeutique console les parents réticents à diminuer un attribut symbolique de l’enfant : clairsemée ou abondante, ordonnée ou broussailleuse, la chevelure de bébé fait déjà partie de sa personnalité.


Pour accompagner cette action, il existe de nombreux rituels qui en disent long sur le pouvoir de protection octroyé au cheveu. Dans la Chine ancienne, les premières mèches étaient suspendues à la ceinture de l’enfant, soigneusement renfermées dans un sac rouge (couleur porte-bonheur). Parfois, on les suspendait en boule devant la porte afin de s’attirer la fortune. Cette pratique fait écho à un rite algérien dictant aux parents d’enfiler les cheveux du bébé en boules, sur un collier qu’il gardera autour de son cou jusqu’à ce que la parure tombe d’elle-même.


On passe aussi par le cheveu pour atteindre une dimension supérieure. Raser le crâne d’un bébé est encore de nos jours, un événement important et codifié pour les parents chinois. Les puristes prennent soin de laisser une petite mèche sur l’avant du crâne, dans l’éventualité où un être céleste souhaiterait attraper l’enfant pour le mener vers les cieux. Depuis le 7ème siècle, les calligraphes chinois considérés comme des dieux vivants, ont aussi fait des premiers cheveux de bébé, un matériau de choix dans la fabrication de pinceaux prisés. Complexes à fabriquer et donc chers, ils étaient auparavant un attribut distinctif des familles riches.


Dans certaines cultures, la valeur symbolique accordée au cheveu est intimement liée à sa longueur. En Mongolie, la chevelure d’un bébé ne se coupe que tardivement, de trois à cinq ans. Jusque là, l’enfant est un être qui navigue entre deux mondes. Ce sont les proches de l’enfant qui couperont chacun à leur tour, une mèche de la chevelure pour le guider dans son nouveau statut. De même, dans certains pays d’Afrique, on reconnaît chez les enfants pourvus de longues chevelures, des génies qui ont le pouvoir de repousser l’ennemi.



La première coupe de cheveux peut aussi revêtir une symbolique religieuse. Dans les sociétés musulmanes, le bébé est entièrement rasé à son septième jour, lors de la cérémonie de la Aqiqa, au cours de laquelle il recevra aussi son nom. La religion judaïque impose de couper les cheveux d’un garçon, lorsqu’il atteint sa troisième année. La cérémonie  upshirin (« coupe ») marque alors une des grandes étapes de la vie de l’enfant, après la circoncision. Pour les familles de tradition bouddhiste, la première coupe d’un enfant est l’occasion de pratiquer certains rituels issus de leur croyance, tels que des offrandes de nourriture ou l’allumage de pétards.


• Hélène, pour www.sereni.org



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