Russie : halte aux clichés !

La Russie est restée fermée au monde durant tout le 20ème siècle (ou presque) tandis qu’en dehors du pays, de nombreux clichés se développaient sur sa population. Malgré la disparition du rideau de fer, il ne demeure pas moins que les stéréotypes sur la Russie sont loin d’être oubliés. On ne dira pas pour autant que tous les clichés sont infondés. Décryptage des clichés les plus répandus.


1. Les russes boivent de la vodka. Il est vrai que c’est en Russie que la vodka a été inventée. Et il est aussi vrai que la Russie est un pays où l’alcoolisme est problématique. On ne peut pas pour autant dire que les russes ont une préférence particulière pour la vodka. Nous buvons de la vodka autant que du vin et de la bière. Beaucoup de russes n’en ont même jamais goûté (surtout les filles), de quoi se demander si les Français n’en boivent pas plus que les Russes. La différence réside dans la manière de la boire : alors que les Français la boivent souvent diluée, les Russes eux, la boivent pure. Il faut savoir également que la vodka exportée dans le monde ne provient pas exclusivement de Russie.


2. En Russie la mafia est partout. Ce cliché est beaucoup trop exagéré. On imagine parfois les rues de Moscou prises d’assaut par des personnes vêtues de noir prêtes à dégainer leur kalachnikov… Évidemment, cela n’a pas de sens: ce cliché vient du temps de la perestroïka, quand le pays en période de reconstruction voyait beaucoup de ses habitants se lancer dans la criminalité. Le nouveau gouvernement peinait à surveiller le pays en stade de transition. Mais tout cela appartient au passé, et même si le niveau de criminalité reste assez élevé, on ne peut pas affirmer que la mafia russe est plus dangereuse ou plus importante que n’importe quelle autre syndicat du crime. De ce cliché en est né un autre  que je vous invite bien entendu à remettre en cause : nous les Russes serions violents…


3. En Russie c’est le communisme et rien d’autre. La Russie est un pays très jeune où le passage du régime communiste au régime capitaliste est loin d’être terminé. Néanmoins, on ne peut pas dire que le communisme demeure en Russie. Les contestataires ne sont pas fusillés par le gouvernement, on ne censure plus les média (pour preuve, nombre de journalistes sont ouvertement opposés au pouvoir) et tout le monde s’habille comme bon lui semble (faut-il encore le préciser?). Bien sûr, on peut toujours améliorer les choses, rien n’est jamais parfait mais au quotidien, la Russie se modernise et évolue.


4. En Russie il fait très froid. Ceci est vrai, mais mérite quelques précisions. Le territoire russe est soumis à plusieurs zones climatiques. Dans le sud (à Sochi, par exemple), en hiver sur le littoral, il fait environ 6° C. En été il fait chaud partout en Russie y compris en Sibérie. Mais il ne fait pas la même température dans toutes les régions de Sibérie et à certains endroits il fera très froid tandis que d’autres régions présenteront des températures élevées. Moscou et Saint-Pétersbourg connaissent des hivers très rudes (près de -30°C) et des étés très chauds (en 2010, il a fait 40°C à Moscou…).


5. Les Russes mangent du caviar. Les Russes exportent de grandes quantité de caviar, ce qui n’empêche en rien ce dernier de valoir très cher : de 1790 à 60 000 roubles le kilo (soit de 44 à 1500 euros le kilo). Vous imaginez donc bien que nous n’en mangeons pas tous les jours… De plus, la production de caviar noir, considéré comme le meilleur au monde, est interdite en Russie depuis plusieurs années en raison de la diminution inquiétante du nombre d’esturgeons dont il est issu.


6. Les femmes russes. Beaucoup de clichés circulent sur les femmes russes partout dans le monde. Elles seraient toutes blondes aux yeux bleus, feraient le ménage mieux que les autres et se voueraient complètement à leurs familles et maris, allant même parfois jusqu’à sacrifier leur travail à l’éducation des enfants. Ce cliché remonte également à l’ère soviétique. Pour les femmes russes l’importance était de trouver un mari le plus tôt possible, et très souvent, elles se mariaient juste après le lycée, élevaient seules leurs enfants et imposaient parfois à leurs filles le même mode de vie. Or aujourd’hui, les femmes russes prennent de plus en plus conscience de l’importance de l’éducation dans l’obtention de leur indépendance et la carrière remplace peu à peu la famille.


• Lada Dibrova, pour www.sereni.org



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