Le loubok : la Russie gravée sur bois

Le Loubok est un art populaire russe de gravure sur bois, apparu au 17ème siècle chez les paysans. Il devient vite un art de masses sans être sérieusement considéré. En Russie en effet, la préférence allaient aux œuvres créées par et pour la noblesse, or les loubki ont été toujours réalisés par des maîtres anonymes sur des morceaux de papier grisâtres.

Les Souris enterrant le Chat (réalisé vers 1760)


Aujourd’hui on ne sait toujours pas d’où vient le terme « loubok ». Une version des plus probables attribue ses origines à l’arbre « loub » dont est issu le bois sur lequel on le réalisait. Une autre histoire raconte encore qu’il viendrait de Loubianka – la rue moscovite où demeurait la plupart des artistes de loubok.


Le loubok est une technique de gravure qui à l’origine n’employait que le noir et le blanc. Il servait à la décoration des palais du tsar et de la noblesse. Plus tard la production du loubok se diversifia et des couleurs firent leur apparition. Les traits sont souvent simples et enfantins mais certaines pièces sont de véritables chef-d’œuvres se distinguant par une utilisation originale des couleurs, une technique et des compositions impossibles à reproduire en dessin classique.


Les loubkis traitaient aussi bien de religion que de politique satirique. Ils pouvaient aussi illustrer contes ou fables qui transmettaient une morale, une histoire ancrée dans la vie des contemporains. Aujourd’hui le loubok a une valeur non seulement artistique mais aussi historique car il renseigne sur des aspects du quotidien de la Russie d’antan.


La technique des artistes évolue au fil du temps. Au 19ème siècle, on commence à graver le métal au lieu du bois ce qui permet une plus grande précision ainsi que la réalisation de détails complexes. La gamme des couleurs change aussi : elles gagnent en vivacité et leurs combinaisons créent une atmosphère fantastique et irréelle. Le loubok fait à cette époque office de presse pour les analphabètes issus du peuple. Les nouvelles leur parvenaient ainsi grâce aux loubkis, ils y trouvaient l’inspiration et le reflet de leur propre vie. Cet art ne coûtait pas cher et restait donc accessible à tous. A la fin du siècle, des usines de production sont bâties et le loubok parvient finalement à faire l’union entre les goûts des plus aisés et ceux des plus modestes.


Malheureusement, la plupart des artisans de loubok sont demeurés anonymes, et n’ont jamais été considérés comme des artistes à part entière. Toutefois, le temps a démontré la valeur artistique et historique du loubok qui occupe aujourd’hui une place de choix dans les musées du monde entier, aux côtés des grands chef-d’œuvres du passé.


• Lada Dibrova, pour www.sereni.org



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