Les retardateurs de flammes accélèrent-ils la pollution de notre organisme ?

Substance chimique ajoutée aux matériaux lors du processus de fabrication, les retardateurs de flammes sont notamment présents dans les revêtements de mobilier, les produits plastiques, les matelas ou encore les sièges automobiles ou d’avions. Mais représentent-ils un danger pour notre santé et pour l’environnement ?

 

Sous leur nom censé rassurer en cas d’incendie, les retardateurs de flammes pourraient s’avérer dangereux en raison de l’émanation de gaz toxiques. On trouve les retardateurs de flammes dans de nombreux objets du quotidien tels que les sièges de voiture, la moquette, les produits plastiques ou encore les revêtements de mobilier. Ajoutés aux matériaux lors du processus de fabrication, les retardateurs de flammes ont pour mission de réduire le risque que le produit ne s’enflamme et de ralentir sa combustion.

 

Les retardateurs de flammes : dangereux pour la santé? Image du domaine public.

 

Des risques pour la santé

 

S’ils sont censés nous protéger, les retardateurs de flammes présentent pourtant des risques pour la santé. Le professeur Anna A. Stec de l’université de Central Lancashire au Royaume-Uni, avait déjà pointé du doigt dans une étude le lien entre les retardateurs de flammes halogénés et l’augmentation du risque de décès lors d’un incendie. En effet, elle a découvert que les retardateurs de flammes halogénés augmentent les quantités de monoxyde de carbone et de cyanure d’hydrogène libérées durant la combustion. En cas d’incendie, ces gaz sont la première cause de décès, devant les flammes ou l’élévation de la chaleur. Cette étude fut récemment confirmée et complétée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) via une expertise publiée en septembre 2015. D’après les experts, il est fortement possible que les retardateurs de flamme n’aient eu, en près de quarante ans d’utilisation, qu’une utilité moindre, voire nulle. Mais au-delà de leur probable inefficacité, les retardateurs de flammes sont accusés d’être composés d’éléments cancérogènes, toxiques pour la reproduction, persistants ou neurotoxiques et perturbateurs endocriniens.

 

Une accumulation persistante

 

Et comme pour les pesticides, certains retardateurs de flammes sont tenaces. Ceux-ci s’accumulent le long de la chaîne alimentaire, notamment dans les aliments riches en lipides comme les viandes et volailles, le lait et les produits laitiers. Voilà pourquoi, à l’image de certains pesticides comme l’aldrine, on retrouve des retardateurs de flammes interdits depuis une décennie dans la faune et la flore.

 

Si les alternatives aux retardateurs de flammes sont pour le moment limitées, les sels de bore pourraient être une solution peu nuisible à l’environnement. En attendant, il est indispensable d’aérer quotidiennement notre maison, notre bureau ainsi que notre voiture. Un geste à adopter davantage en cas d’acquisition de nouveaux produits.

 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.



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