Le plan Écophyto, kezako ?

Avec 28,98 millions d’hectares, la France est au premier rang européen par la surface agricole utile. Afin de rendre l’agriculture performante tout en réduisant l’utilisation de pesticides, le plan Écophyto œuvre depuis 2008 sous le Ministère de l’agriculture.

 
 

Lancé en 2008 à la suite du Grenelle Environnement, le plan Écophyto est piloté par le Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Il vise à réduire progressivement l’utilisation des produits phytosanitaires en France tout en maintenant une agriculture économiquement performante. Pour y parvenir, plusieurs mesures ont été prises : la création d’un vaste réseau de « fermes pilotes » pour mutualiser les bonnes pratiques, la mise en ligne dans chaque région de « bulletins de santé du végétal » qui alertent les producteurs sur l’arrivée des parasites, la formation des agriculteurs à une utilisation responsable des pesticides (le « certiphyto ») ainsi qu’un « programme de contrôle de tous les pulvérisateurs » qui sont utilisés pour l’application des produits phytosanitaires.

 
 

Le plan Écophyto vise à réduire l’utilisation de pesticides en France. Image du domaine public.

Le plan Écophyto vise à réduire l’utilisation de pesticides en France. Image du domaine public.


 
 

Pourquoi un plan Écophyto II ?

 

En 2008, l’objectif était de réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires dans un délai de dix ans. Huit ans plus tard, le pari n’est pas tenu. Pire, à la place d’une baisse de l’utilisation des pesticides, une augmentation a été constatée. Au niveau national, le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de 5,8% entre la période 2011-2012-2013 et la période 2012-2013-2014 et de 9,4% entre 2013 et 2014, selon le Gouvernement. Le plan Écophyto II poursuit ses objectifs tout en étant moins ambitieux avec une réduction en deux temps : 25% d’ici 2020 et 50% vers 2050.

 
 

À quoi va-t-il ressembler ?

 

Le nouveau plan est axé sur six actions majeures : faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles, amplifier les efforts de recherche, développement et innovation, réduire les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques sur la santé humaine et sur l’environnement, supprimer l’utilisation de pesticides partout où cela est possible, renforcer l’appropriation du plan par les acteurs des territoires et des filières tout en veillant à la cohérence des politiques publiques et s’appuyer sur une communication dynamique et des approches participatives, pour instaurer un débat citoyen constructif relatif aux problématiques liées aux produits phytopharmaceutiques. Le nouveau plan compte également sur les distributeurs de pesticides. Ces derniers devront réduire leurs ventes de 20% d’ici 2021 ou promouvoir des solutions de réduction d’utilisation des produits chimiques, sous peine d’amendes. Des solutions qui seront validées par des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP), sur le modèle des certificats d’économie d’énergie (CEE).

 

Lors du comité d’orientation stratégique du plan Écophyto II le 19 avril 2016, le ministre de l’Agriculture Stéphane Lefoll a acté l’enveloppe budgétaire supplémentaire. Les professionnels de l’agriculture pourront donc bénéficier de 30 millions d’euros en plus par an. Au total, 71 millions d’euros seront mobilisés chaque année pour réduire l’usage des pesticides.

 
 

Le plan Écophyto II est intégralement disponible sur le site du Gouvernement.

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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