L’augmentation du méthane dans l’atmosphère

Le 12 décembre 2016, le site du Global Carbon Project a publié une évaluation du budget global du méthane. Celle-ci observe une hausse importante des émissions de méthane dans l’atmosphère en 2014 et 2015.

 
 

méthane. image du domaine public
L’augmentation du méthane dans l’atmosphère. Image du domaine public.

 
Le 12 décembre 2016, le site du Global Carbon Project a publié une évaluation du budget global du méthane, en référence à une étude internationale sur les émissions de méthane publiée dans les colonnes de l’Environmental Research Letters. Alors que la hausse de la concentration du méthane dans l’atmosphère était plutôt stable entre 2000 et 2006, elle a commencé à augmenter rapidement en 2007 jusqu’à connaître une augmentation vertigineuse en 2014 et 2015. Le rythme annuel de progression a en effet doublé puisqu’il est passé de 5 à 6 parties par milliards de molécules d’air* pour la période 2007-2013 à plus de 10 parties par milliards de molécules d’air ces deux dernières années. Et si le CO2 est responsable à lui seul de 80 % du réchauffement climatique observé, le méthane a un impact tout aussi néfaste sur l’environnement. Selon Marielle Saunois, enseignante-chercheuse en physique-chimie de l’atmosphère au LSCE ayant participé à cette étude et interrogée par CNRS Le journal, « le méthane est un puissant gaz à effet de serre, 28 fois plus puissant que le CO2 pour des quantités équivalentes sur un horizon de cent ans ». La scientifique ajoute que si les principales sources d’émissions de méthane sont plutôt bien connues, les raisons de cette forte et rapide sont difficiles à expliquer.

 
 
Les sources d’émissions du méthane

 

Variées et nombreuses, les sources d’émissions du méthane se divise en deux catégories : les sources d’origine naturelle (responsables à environ 40 % des émissions de méthane) et les sources d’origine humaines (responsables à environ 60%). Marielle Saunois rappelle que les sources d’émissions du méthane peuvent donc aussi bien être liées aux activités humaines (agriculture et traitement des déchets) qu’à la nature elle-même (zones humides et sources géologiques).

 
 

Des objectifs ambitieux mais stimulants

 

Selon l’étude scientifique internationale, l’objectif de limiter le réchauffement climatique mondial à 2°C est un vrai défi qui pourrait devenir encore plus difficile à atteindre si les réductions d’émissions de méthane dans l’atmosphère ne se réalisent pas assez fortement et rapidement. Mais le tableau n’est pas si noir pour Marielle Saunois. Car « contrairement au CO2 qui reste présent dans l’atmosphère une centaine d’années, le méthane a une durée de vie dans l’atmosphère de « seulement » dix ans ». Les actions visant à réduire les émissions de méthane entamées aujourd’hui pourront donc rapidement montrer leurs effets positifs.

 

*Une partie par milliard ou pbb (part per billion) correspond au nombre de molécules du gaz à effet de serre considéré par milliard (109) de molécules d’air. Cela signifie qu’il y a une molécule de méthane pour un milliard de molécule.

 
 
Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 

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