Une grève de la faim pour les taureaux

« Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas, de nation à nation, commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux bêtes ? (…) Et cela, simplement, au nom de la souffrance, pour tuer la souffrance, l’abominable souffrance dont vit la nature et que l’humanité devrait s’efforcer de réduire le plus possible, d’une lutte continue, la seule lutte à laquelle il serait sage de s’entêter. » – Emile Zola.

 

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Aujourd’hui, Christophe Leprêtre entame son quatorzième jour de grève de la faim, à Mimizan, dans les Landes. Sylvie Baudoin l’accompagne depuis treize jours.

 

Ils s’opposent à la corrida, ce spectacle illusionniste consistant à supplicier à mort un taureau au moyen d’artifices, transformant, pour la jubilation des spectateurs, un herbivore tourmenté en féroce prédateur, et un tortionnaire en héro recouvert de paillettes colorées.

 

Les témoignages de soutien affluent. Mais le combat vers la fin du supplice spectaculaire est loin d’être gagné. L’on pourrait presque se demander si s’opposer à la torture des animaux ne serait pas mal considéré par une forme de pensée bien commune. Ou si évoquer leur droit à être traités avec le respect correspondant à leurs impératifs naturels, était une affaire d’opinion, ou de l’intolérance même. Ou si notre plaisir de grands humains tous puissants était prioritaire aux pires douleurs animales, changées en tabou.

 

Mais si s’opposer à la torture animale était une affaire d’opinion, cela remettrait en cause le fondement même de l’Ethique. J’entends par Ethique tout ce qui protège les êtres à la merci des tyrans potentiels, à ce qui tend à repousser et à éduquer la part d’ombre de l’humanité, et fonde les sociétés éclairées. Tout ce qui peut nous lier, nous, les Hommes, entre nous, et avec le reste du vivant.

 

Donc non, il ne peut s’agir d’opinion, de religion, ni de culture même.

 

Emile Zola disait « Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas, de nation à nation, commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux bêtes ? (…) Et cela, simplement, au nom de la souffrance, pour tuer la souffrance, l’abominable souffrance dont vit la nature et que l’humanité devrait s’efforcer de réduire le plus possible, d’une lutte continue, la seule lutte à laquelle il serait sage de s’entêter. »

 

Alors, l’amour qu’on doit aux bêtes, cette compassion élémentaire, si facile, la plus facile peut-être, et pourtant la plus méprisée aujourd’hui, pourra-t-elle être un jour un lien par lequel les Hommes se reconnaîtront entre eux ?

 

Je l’espère de tout cœur. Aujourd’hui cependant, le temps des souhaits s’est brutalement accéléré, a pris une forte pondération. Sylvie et Christophe en sont à leur treizième et quatorzième jour de grève de la faim, arpentant, comme tous les plus grands, le chemin où l’on n’a pas honte d’aimer plus fort, le chemin du véritable courage, et de la plus belle des noblesses.

 

Mes prières quotidiennes les accompagnent.

 

Sophie Alvarez, pour www.sereni.org.

 

Pour les soutenir et suivre leurs témoignages : http://mimisang.canalblog.com/



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