Les corbeaux clouent le bec aux médisants

Alors qu’Alfred Hitchcock avait utilisé les oiseaux pour créer un climat de peur autour d’eux dans son film éponyme, les oiseaux sont souvent utilisés pour insulter ou désigner des personnes étant dotés d’une petite cervelle. Pourtant, de nombreuses études et expériences démontrent que les oiseaux sont bien plus intelligents que l’on ne le croit. Chargé de symboles, le corbeau en particulier s’avère être un animal remarquable, doté d’une forme d’intelligence analytique et déductive.
 
 
Dans cette vidéo extraite d’un documentaire de la BBC, on peut voir un corbeau réaliser un parcours incroyable. Trois mois d’entraînement à l’Université d’Auckland ont été nécessaires au corbeau calédonien pour réaliser la séquence. Alex Taylor, le biologiste présent dans la cage, a préparé une expérience en huit étapes afin de tester le raisonnement de l’oiseau. L’animal ne met alors pas longtemps à analyser la situation et passer à l’action. Avec l’aide d’une brindille, il attrape trois cailloux enfermés dans des cages différentes puis utilise le poids de ceux-ci pour libérer une brindille plus longue. Grâce à elle, il accède à la récompense. Une expérience complexe qui prouve l’intelligence analytique et déductive du corbeau.

 
 

 
 

De nombreuses expériences similaires ont été menées en parallèle, prouvant à chaque fois les capacités intellectuelles des corbeaux. Et si ceux-ci parviennent avec brio à résoudre des énigmes pour se nourrir, ils sont également dotés d’une conscience sociale incroyable.

 
 

Avec leur étude publiée dans le magazine Nature Communications, Jorg Massen et ses collègues de l’Université de Vienne se sont intéressés au comportement social adopté par des corbeaux captifs vivant en groupe. Concentré sur la hiérarchie du groupe et les relations de dominance instaurées dans chaque communauté, Jorg Massen a pu observer des comportements étonnants. Ainsi, l’oiseau observé ressentait de grands moments de stress lorsqu’il pensait entendre deux membres de son groupe s’affronter pour assoir leur dominance. Un stress qui traduit une peur d’un possible déséquilibre social au sein du groupe. À l’inverse, le sujet n’était pas plus perturbé que ça lorsqu’il s’agissait de membres d’un autre groupe. Pour le scientifique, « cela montre que les corbeaux sont capables de créer une représentation mentale des relations venant de groupes avec qui ils n’ont jamais interagi avant. Tout à fait comme nous lorsque nous regardons la télé. Cette faculté n’a même pas été observée chez les singes les plus évolués ».

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.



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