Qi-gong et tai-chi: quelle activité est faite pour moi?

 tai chi




Tout le mois de juin se tiennent en France les 22e Journées nationales du Qi gong. L’occasion de s’intéresser à cet art chinois, souvent confondu avec le tai chi. Tai chi et Qi gong: deux activités qui visent l’harmonie du corps et de l’esprit par le souffle et le mouvement, mais différentes en pratique. Qu’est-ce qui unit ces deux disciplines, qu’est-ce qui les sépare? Laquelle pratiquer?

 

Absorbés dans leur mouvement, les pieds fermement ancrés dans le sol, ils sont de plus en plus d’adeptes à pratiquer le qi gong et le tai chi dans les parcs et jardins. A première vue, les non initiés auront du mal à distinguer ces deux arts chinois pourtant bien différents, jusque dans leur définition.

Faire circuler notre énergie vitale



Le qi gong désigne le travail et la maîtrise (« gong ») de l’énergie interne (le « qi ») et du souffle qui circule en nous. Traversé par diverses influences de la culture chinoise comme la médecine traditionnelle, le bouddhisme et le taoïsme, le qi gong regroupe de nombreuses méthodes unies dans le même objectif: faire circuler et équilibrer cette énergie vitale.



Des premiers témoignages estimés à -400 avant J.C à aujourd’hui, la maîtrise du qi gong, à travers des postures statiques et des mouvements dynamiques, recherche l’harmonie entre le corps, la respiration et la conscience. « Le travail de ces trois éléments rejoint une conception de la vie fondée sur l’unité du corps et de l’esprit, l’unité de l’être avec la nature et le ciel », explique Dominique Casaÿs, président du réseau national France qi gong.

Le tai chi, un art martial interne



Le tai chi -ou tai-chi-chuan– est un art martial chinois dit  » interne », c’est-à-dire axé sur les aspects mentaux, spirituels et énergétiques à la différence des arts martiaux externes comme le karaté. Par leur dimension spirituelle, les enchaînements « chorégraphiés » font penser à une méditation en mouvement. On tire, on écarte, on pousse… Les gestes sont souples, fluides et lents.



Egalement issue de la philosophie taoïste et de la médecine traditionnelle chinoise, cette discipline est plus récente que le qi gong, même si ses origines exactes sont discutées. Attribué au moine taoïste Zhang Sanfeng (fondateur de l’école d’arts martiaux du mont Wudang), le tai chi se serait développé au XVIe et XVIIe siècles.


« Le tai chi est un langage du corps qui vise à trouver l’enracinement et la fluidité », observe Ke Wen, experte en tai chi, auteure d’Entrez dans la pratique du qi gong (éd. Courrier du livre). Comme pour le qi gong, l’accent est mis sur la complémentarité et l’union des contraires. « Malgré la lenteur des mouvements, on travaille la puissance, la souplesse et la vitalité mais aussi le calme et le relâchement. »

Une même philosophie pour des bienfaits similaires



Yoan, 27 ans, pratiquant de karaté confirmé, s’est mis au tai chi et au qi gong trois ans plus tôt. « A la différence du karaté, qui est très mécanique, le tai chi et le qi gong sont très enroulés et très fluides, un peu à l’image de l’eau. Avec le karaté, mon corps était raide, je n’avais pas la fluidité que j’ai aujourd’hui, que ce soit pour marcher dans la rue, courir ou monter les escaliers. C’est comme si mes genoux, mes coudes et mes épaules s’étaient dénoués », remarque-t-il.


Isabelle, 50 ans, apprécie la sensation d’enracinement qu’elle compare à celle du ski, une de ses passions. « Avec le qi gong, j’ai ressenti le même plaisir de me sentir enracinée dans le sol, très solide sur mes deux jambes, bien appuyées sur les pieds et les orteils, pour pouvoir libérer le buste et être mobile des bras tout en gardant un axe vertical, comme suspendue au ciel. Avec la pratique, le corps n’est plus à la recherche des mouvements. C’est le ‘qi’, l’énergie qui fait se mouvoir, lorsque l’on est dans la bonne intention, le ‘yi’. La plénitude de cette sensation est assez extraordinaire ».

Un corps plus souple et plein d’énergie



Si le ressenti ondule au gré du vécu de chacun, tous les pratiquants s’accordent sur les effets du qi gong et du tai chi sur le corps et le mental. Vantée pour ses bénéfices sur la santé et la vitalité, la pratique améliorerait les fonctions respiratoires, digestives, cardio­vasculaires et nerveuses. La circulation de l’énergie aurait un effet purifiant et détoxifiant en créant un massage interne des organes. Les mouvements assouplissent les muscles et les articulations.

L’un est un outil, l’autre un art



Si courte que puisse paraître la distance entre ces deux univers, le qi gong et le tai chi s’éloignent à y regarder de plus près. « Le qi gong travaille l’énergie. Il est un outil au service de ce travail, nuance Dominique Casaÿs. Dans le qi gong on dit qu’on guide telle énergie, dans tel sens, avec une utilité plus directe que le tai chi. D’ailleurs les bénéfices se font ressentir après quelques cours seulement. » Une quasi immédiateté constatée par Laure, 33 ans, qui a testé le qi gong. « A la sortie du cours, on se sent détendu, apaisé et nettement plus positif. Le corps est comme dérouillé, tout en douceur. »


Alors que le qi gong oeuvre au service du « mental, de l’esprit et du méditatif », le tai chi, avec son esprit martial, « développe la puissance corporelle », nuance Ke Wen. Il s’impose comme un art qui utilise l’énergie comme un support, s’accordent nos experts. « Le dialogue avec le corps ressemble presque à une danse dont l’épanouissement provient de la maîtrise de la forme », ajoute Dominique Casaÿs. Le tai chi peut donc être vu comme une forme de qi gong (car il travaille l’énergie) mais en mouvement et dans un sens artistique.


La maîtrise du tai chi peut paraître plus ardue car il faut faire preuve de patience pour apprivoiser la technique. « Les chorégraphies en mouvement sont plus difficiles à mémoriser mais il est très agréable d’apprendre et d’exécuter un enchaînement », remarque Hervé. « C’est après avoir mémorisé la forme qu’on peut réellement développer les qualités de détente, de souplesse et d’enracinement », pointe Ke Wen.


Autre différence avec le qi gong, le tai chi propose des postures plus basses et sollicite davantage le bas du corps, les jambes, les genoux et les articulations.


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