La vodka, l’ail… et le bain russe (banja) !

Un étranger venu à Moscou en 1709 écrivit dans son journal intime: « les Russes n’ont que trois médicaments pour traiter toutes les maladies – la vodka qu’ils boivent comme de l’eau, l’ail qu’ils ajoutent à tous leurs repas et qu’ils mangent aussi seul, et le bain russe ». On parle peu de ce dernier, alors que le banja a non seulement une histoire et des traditions très anciennes, mais il prévient également de nombreuses maladies cardio-vasculaires. Il s’agit d’une tradition nationale conservée intacte jusqu’à nos jours, peut-être l’une des plus aimées, surtout par les hommes qui s’y rendent entre amis, souvent vers le nouvel an.


Le bain russe se présente dans une petite maison en bois qui s’apparente au sauna turc ou finlandais. La différence est pourtant énorme, car l’air du bain russe est humide et on y utilise des balais de bouleau. Il se prépare plusieurs heures durant, ceci étant nécessaire pour qu’il chauffe suffisamment et correctement. On dispose des pierres dans le four à bain puis on y verse de l’eau par petites portions, afin que la vapeur soit « légère ». On prépare aussi le balai : d’abord plongé dans l’eau tiède, puis dans l’eau chaude, on l’emballe ensuite dans un sac plastique. Une fois entré dans le bain, on peut soit mettre le balai à une certaine distance, soit au-dessus des pierres pendant quelques minutes. Il ne faut surtout pas mettre le balai dans l’eau bouillante car celui-ci pourrait perdre ses feuilles.



Autrefois, ces bains étaient construits près des rivières afin que les baigneurs puissent s’y plonger en sortant. Le bain était surtout efficace l’hiver: il y faisait très très chaud (plus de 100 degrés) surtout en comparaison de la température extérieure (jusqu’à moins 30 degrés). On rentrait d’abord dans le bain, s’y allongeait puis on se frappait à l’aide de balais de bouleau. La sensation parfois désagréable du début s’évanouissait grâce à la vapeur qui permettait au corps de s’habituer et d’oublier la douleur. On pouvait ensuite masser le corps enduit de miel ou de crème à base d’herbes. Quand le corps rougissait du à la chaleur et les coups de balai, on sortait enfin pour se plonger dans l’eau froide.


Cette thérapie qui semble un peu extrême serait très bonne pour la santé – elle ouvrirait les pores et soignerait de nombreuses maladies de peau, le contraste des températures augmentant la productivité du cœur et des poumons et la vapeur augmentant la résistance du corps aux maladies. On dit que le bain russe est efficace pour combattre l’asthme, le diabète, qu’il écourte une période de convalescence et aide à perdre du poids. Mais attention: comme chaque médicament, le bain a ses effets secondaires. Les enfants et personnes âgées l’éviteront, de même que les personnes fiévreuses ou souffrant de maladies cardiaques graves, d’hypertonie ou de cancer.


• Lada Dibrova, pour www.sereni.org



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