Les Vanités ou le symbôle de l’impermanence humaine

« VANITAS VANITATUM OMNIA VANITAS »
« VANITES DES VANITES TOUT EST VANITE »


C’est de cette citation de l’Ecclésiaste que ces tableaux tirent leur conception et leur titre.
Les vanités illustrent, de façon symbolique, le thème philosophique de l’impermanence de l’homme. Ce sont des natures mortes, des allégories ou encore des images de saints qui représentent l’inéluctabilité de la mort, la futilité des plaisirs ou encore la fragilité des biens terrestres. Elles dénoncent également la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain. Ce sont des oeuvres à haute valeur morale. Ces « memento mori » (« Souviens toi que tu vas mourir ») sont donc présents dans la représentation des activités humaines tels que le savoir ou la science mais aussi à travers des figurations du plaisir, de la beauté et de la richesse.


Iconographie des Vanités


Vanité de Champaigne


Les natures mortes

Vanité de Juriaen Van Streeck

Les vanités sont un élément essentiel à l’émergence de ce genre pictural en tant que tel. Elles apparaissent au début du XVIIème siècle, aux Pays-Bas. Ce sont des oeuvres monochromes, inspirées de gravures de la fin du XVIème siècle, sur le thème du repentir et l’art du bien mourir. Les premières compositions connues sont simples et composées

uniquement de quelques objets disposés autour d’un crâne. Ormis le crâne humain, symbôle de la mort et l’un des plus fréquement utlisés, on trouve des symbôles de la connaissance humaine figurés par la lampe ou le livre. D’autres comme le sablier ou la bougie éteinte nous rappellent la brièveté de la vie et le temps qui passe.


Dans les années 1620-1630 le répertoire s’intensifie et se codifie.Les vanités sont alors monochromes, polychromes ou en trompe-l’oeil. On symbolise les arts et les sciences par des livres, des cartes, et des instruments de musique. Le pouvoir et la richesse sont représentés sous la forme de bourses et de joyaux. Les plaisirs terrestres apparaissent comme autant de cartes à jouer, ou de gobelets. L’iconographie concernant la mort est certainement la plus importante et la plus diversifiée. Ce sont des crânes, des fleurs fânées, des fruits pourissants, des verres vides, des chandelles consumées, des sabliers ou encore des luths ou des violons aux cordes rompues. On rencontre parfois des symboles de la Résurrection sous la forme de rameaux de lierre ou de laurier et d’épis de maÏs. Le genre pictural devient ensuite prétexte à la représentation d’objets luxueux, tels que bijoux, vaisselle ou tissus.


Les Allégories




C’est un genre majeur et abondamment traité au XVIIème siècle. On retrouve ces allégories sous divers aspects : l’allégorie proprement dite, les portraits et autoportraits, les scènes de genre ou de vie domestique, les représentations de sages ou d’ermites et enfin les peintures historiques. Le thème des vanités est alors représenté sous les traits de vieillards, de jeunes gens ou de femmes à leur toilette. L’allégorie de l’enfant souffleur de bulles se développe. Elle symbolise la fragilité de l’homme. Les philosophes et les ermites rappellent que seules l’étude et la méditation permettent d’atteindre la sagesse et Dieu.


Les Saints


Ils rappellent à l’homme que celui-ci ne peut obtenir la connaissance et le salut qu’avec l’aide de Dieu. Les représentations de saints en méditation, un crâne à la main, ou se recueillant sur une tête de mort sont particulièrement développées et sont une référence à Saint Ignace de Loyola.


Historique des Vanités


C’est un thème traité dès l’Antiquité (Pompéi), il se développe au cours du Moyen-Age avec celui des danses macabres. Le XVIème siècle voit l’apparition d’un nouveau répertoire. La peinture à caractère moral est favorisée par les thèses calvinistes, liées à l’idée de grâce et de rédemption. Les vanités à nature morte connaissent donc un grand succés en Hollande durant la première moitié du XVIIème siècle. Succés qui s’étend ensuite à l’Allemagne, la France, L’Italie et l’Espagne. Les vanités sont abandonnées au XVIIIème siècle pour d’autres types de représentations liées à la mort. Un regain d’interêt a cependant lieu à partir de la fin du XIXème siècle.


Série ART et SPIRITUALITE
Laetitia Adeline pour www.sereni.org



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