Quand les cosmétiques rallient la cause éthique

Un produit est reconnu « biologique », s’il respecte les règles de fabrication, de composition et de tests répondants aux chartes et labels existants sur le marché.

Les cosmétiques bio sont des produits d’hygiène destinés à être mis en contact avec la peau, les cheveux ou encore les muqueuses. Leur but : nettoyer, embellir, protéger. Contrairement aux produits de beauté classiques, ils ne contiennent aucun composant dangereux pour la santé mais utilisent des substances naturelles comme les huiles essentielles. Issu de l’agriculture biologique, le cosmétique bio est aujourd’hui très à la mode et fait fureur auprès  des femmes. Les utilisateurs souffrant d’allergies à certains produits chimiques souhaitent avoir la garantie de ne pas utiliser des cosmétiques qui pourraient être néfastes pour leur santé. On constate aussi une prise en compte grandissante des questions environnementales chez les consommateurs. Tout ceci participe à l’essor des cosmétiques biologiques reconnus par un label.



Oui à une composition naturelle

Les composants de base font qu’un produit cosmétique est ou non de bonne qualité et surtout naturel. En effet son efficacité dépend énormément de son excipient, substance qui sert à accélérer la diffusion du produit dans l’épiderme. Dans les cosmétiques classiques ils sont synthétiques voir même issus du pétrole. Pour les produits naturels la priorité est donnée aux ingrédients issus de l‘Agriculture Biologique contrôlée. Ainsi ils doivent être sans OGM, sans matière issue de la pétrochimie, sans silicone, sans paraben, sans colorant ni parfum de synthèse, et aucun test sur les animaux ne peut être pratiqué. Mais encore, les procédés de transformation et de fabrication doivent être non polluants et respectueux de la santé et de l’environnement. Enfin, pour la conservation, les fabricants utilisent des flacons à pompes qui évitent le contact avec l’air.



Non aux substances chimiques nocives

Nous utilisons quotidiennement les produits cosmétiques. La plupart des cosmétiques vendus en grandes surfaces sont bourrés de substances chimiques, voire même toxiques comme le pétrole, les conservateurs, la glycérine, la paraffine, le silicone, autrement dit des produits dangereux. Attention : la toxicité de ces produits chimiques n’est jamais indiquée sur les flacons et les tubes. La grande question qui se pose : sont-ils nocifs pour la santé à court et long terme ?


Les composants à proscrire

? Les parabens : conservateurs utilisés pour empêcher la croissance des champignons et des bactéries. On en retrouve dans environ 80% des produits de beauté. Ils seraient allergènes et cancérigènes et provoqueraient également des problèmes du système de reproduction et endocrinien. Les plus dangereux sont le butylparaben et l’isobutylparaben.


? Les PEG (polyethylènes glycoles) : ils entrent dans la composition de la majorité des gels douche, shampoings, savons… Ils provoqueraient des allergies et de l’acné et sont également soupçonnés, par de nombreux scientifiques, d’être cancérigènes.


? Les tensioactifs : on retrouve ces agents nettoyants et moussants dans les shampoings, dentifrices, savons, crèmes, mousse à raser, démaquillants… Selon certaines études, ils sont à l’origine d‘irritations cutanées mais aussi de cancers de la peau.


? Les phtalates : il s’agit d’un groupe de produits chimiques dérivés couramment utilisé dans les matières plastiques. Les cosmétiques constituent les deuxième domaine d’application des phtalates pour lesquels ils jouent le rôle d’agents fixateurs dans le but d’augmenter le pouvoir de pénétration d’un produit dans la peau. Des pays comme l’Italie les ont bannis en raison de leur dangerosité.


? Les formaldéhydes : ce sont des conservateurs qui peuvent être allergènes et cancérigènes.
Les sels d’aluminium et triclosane : bactéries utilisées dans la fabrication les déodorants. Ils pourraient se fixer sur certains organes dont le cerveau.


Mais il est aussi conseillé d’éviter les produits cosmétiques qui contiennent des huiles minérales, huiles et cires de silicone, monoéthanolmanine, diéthanolamine et triéthanolamine, antioxydants BHT et BHA, sels d’aluminium, colorants, pesticides…


Les labels

Un produit est reconnu « biologique », s’il respecte les règles de fabrication, de composition et de tests répondants aux chartes et labels existants sur le marché. Les labels ont été mis en place par des groupes ainsi que des associations intéressées par la santé des consommateurs. Chaque label a un cahier des charges qui lui est propre et plus ou moins restrictif quant à la composition des produits.


AB : AB pour Agriculture Biologique. Ce logo sur fond vert a été défini par le Ministère de l’Agriculture. Principe : au moins 95% des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique (produits sans engrais chimiques, sans pesticides et sans OGM), nécessité d’une rotation des cultures et des traitements antibiotiques limités, pas d’élevages extensifs et une surface au sol définie.


AIAB-ICEA : label italien désignant un cosmétique qui satisfait les exigences du cahier des charges « Environment Friendly Cosmetics ». Elle comprend une liste exhaustive de substances interdites comme les PEG, PPG et autres composés ethioxylés, agents nitrosants, silicones, dérivés animaux…


Cosmos : label bio mis en place par des fabricants européens. Pour apposer le terme « Cosmos » sur leur produits, les fabricants doivent respecter une série de règles :
– aucun test sur les animaux
– parfums, colorants, conservateurs de synthèse, OGM, ingrédients issus de la pétrochimie sont interdits dans la fabrication


Ecogarantie : c’est un label belge qui s’applique en cosmétique, produits de soin et de nettoyage. Son but est de garantir la sécurité du consommateur et de l’environnement.  Il implique que les matières premières végétales ou animales soient issues de l’agriculture biologique, les minéraux soient purs, les procédés chimiques ne polluent pas. Ce label interdit l’utilisation d’OGM.


BDIH : c’est la fédération de marques pharmaceutiques et d’industries dans le domaine de la santé, de la diététique et des produits d’hygiène. Et c’est en 1996 qu’est né le groupe « cosmétiques naturels » du BIDH. Le certificat de conformité qui est valable 15 mois est donné produit par produit. Le contrôle est effectué une fois par an.


Cosmebio : l’association professionnelle française Cosmebio regroupe des fabricants de cosmétiques.  Ce label pour les cosmétiques naturels a été mis en place en 2002. Le contrôle est effectué par des organismes certificateurs indépendants et agréés.


Na True : ce label a pour but de guider le consommateur vers des produits naturels et totalement ou bien partiellement issus de l’agriculture biologique. Na True a établi trois niveau de certification :

– une étoile pour la cosmétique naturelle
– deux étoiles pour la cosmétique naturelle avec quelques ingrédients bio
– trois étoiles pour les produits cosmétiques exclusivement bio



Soil Association : c’est un label bio anglais qui exige que les produits contiennent un maximum d’ingrédients biologiques et un minimum d’ingrédients synthétiques et des ingrédients le moins transformé possible.


Leaping Bunny : ce label est attribué par l’association One Voice qui n’est autre que le représentant français de l’ECEAE (Coalition européenne pour mettre fin à l’expérimentation animale). Le Leaping Bunny, le lapin bondissant, signifie que le fabricant n’a pratiqué aucun test sur des animaux ni sur les ingrédients qui le composent. Pour obtenir la fameuse étiquette, le fabricant doit en faire la demande à One Voice, présenter un dossier  puis être audité par l’organisme certificateur Ecocert qui contrôle l’exactitude et l’exhaustivité de ces déclarations.


ECOCERT : organisme de certification agréé et accrédité selon la norme internationale ISO Guide 65. Ecocert intervient pour contrôler et certifier des produits dans près de 80 pays.


Nature & progrès cosmétique bio écologique : il s’agit d’une fédération internationale qui regroupe une trentaine d’associations départementales et régionales pour la France. Créée en 1964.



Qu’en dit la législation ?

La législation concernant les dates limites d’utilisation est aussi stricte que pour les cosmétiques classiques. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené une enquête en 2006 afin de recenser et de vérifier les allégations environnementales et bio figurant sur les étiquetages et publicités de ces produits. Ainsi 139 fabricants cosmétiques ont été contrôlés pour vérifier si la mention «bio» se justifiait ou non. Des anomalies ont été détectées. Elles auraient normalement dû être relevées par l’organisme certificateur. Sur 47 prélèvements réalisés, six ont été déclarés non conformes ou à suivre pour cause de la présence de produits de synthèse dans des produits qualifiés de « naturel » ou de « bio ».


Les produits cosmétiques courants sont remplis de produits chimiques et de nombreuses études ont démontré que ces produits auraient une influence dans le développement de cancers. Alors, par principe de précaution, la solution qui s’impose est l’utilisation de produits de beauté bio et naturels. Ils ont au moins l’avantage de ne pas être nocifs pour la santé ainsi que pour la planète. S’ajoute à cela, la préoccupation grandissante de nombreux consommateurs en faveur du respect de l’environnement. Les cosmétiques bio se sont récemment répandus sur internet et dans les grandes surfaces. Petit bémol, ils sont un peu plus chers que les cosmétiques classiques.

• Emmanuelle Grimaud, pour www.sereni.org

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