Monsanto refuse l’offre de Bayer

Marche mondiale contre Monsanto, Vancouver, le 25 mai 2013. DR : Rosali Yagihara

Marche mondiale contre Monsanto, Vancouver, le 25 mai 2013. DR : Rosali Yagihara

 

Hier, Monsanto a refusé l’offre de Bayer au profit de la poursuite des négociations. Les deux géants de l’industrie agrochimique fusionneront sûrement au cours de l’année 2016, à un prix astronomique aussi bien pour la courbe économique que pour les dégâts sanitaires et écologiques.

 
L’offre n’était pourtant pas sous-estimée, Bayer avait misé sur 62 milliards de dollars (55 milliards d’euros) pour le rachat de son homologue américain. Ce qui revient à une proposition de 122 dollars par action, soit un prix de transaction faisant ressortir une prime de 37% pour Mosanto. L’entreprise a refusé la proposition de Bayer, la jugeant trop « faible » face à ses pouvoirs de multinationale. Le PDG de Monsanto, Hugh Grant, précise pour la France Agricole : « La proposition actuelle sous-évalue de façon importante l’entreprise et n’apporte pas les garanties nécessaires pour le financement de l’opération ni pour les risques réglementaires encourus». Dans un contexte financier sans pitié, Monsanto n’a qu’un seul but: faire monter les offres!
 
La folie des grandeurs
 
Ce rapprochement signerait la plus grosse acquisition jamais réalisée par une entreprise allemande et même, la plus grande fusion industrielle au monde en 2016. «Ensemble (avec Monsanto), nous allons puiser dans l’expertise collective des deux groupes pour construire un leadership de l’agriculture avec des capacités d’innovations exceptionnelles » explique Werner Baumann PDG de Bayer pour Le Temps, le 22 mai. Il existe pourtant un risque pour l’entreprise de se faire détrôner par des offres concurrentes même si « cette transaction représente une énorme opportunité pour les actionnaires de Monsanto», assure Werner Baumann. BASF, l’autre géant allemand de l’industrie agrochimique est déjà sur le ring. Une situation qui rappelle que le monde de l’agrochimie est en perpétuel rachat, pour la recherche du profit. Avec l’acquisition de Monsanto, Bayer espère une hausse des actions d’environ 5% la première année et d’au moins 10% les années suivantes. Ajouter à cela, la perspective de réaliser environ 1,5 milliards de dollars d’économies en trois ans. La société chinoise ChemChina a déjà racheté le groupe Sygenta, tandis que Dow Chemical et DuPont dialoguent pour leur fusion éventuelle. Cette compétition de taille, s’explique par la chute des prix des produits agricoles ainsi que par la baisse des exportations, un bon moyen de prévoir son business de demain.
 
Une contestation écologique
 
Berlin et Washington ne cessent de vendre les mérites du Traité Transatlantique, un traité commercial sous secret défense. Pourtant, selon la Fondation Bertelsmann, une étude prouve que seuls 17% des allemands et 15% des Américains y sont favorables. Ce manque de popularité s’explique par le principe de normalisation des réglementations européennes à celles étasuniennes, laissant les OGM et les pesticides revenir au goût du jour, un bonheur commercial pour l’entreprise allemande Bayer. Cette proposition de rachat tombe pile à l’heure où les réglementations finiront par encourager les empoisonneurs de la biodiversité et de la santé humaine. Depuis des décennies, Monsanto et les autres entreprises sont les cibles des écologistes, dénonçant l’écocide faite par celles-ci et les risques sanitaires qui en découlent. Le Cash Investigation : Produits chimiques nos enfants sont en danger d’Elise Lucet, diffusé en février avait marqué les mémoires. L’enquête révélait une base de données confidentielles classifiant l’usage des pesticides purs en France, département par département, produit par produit. Il dénonçait aussi les politiques mensongères des entreprises comme Bayer, Dow Chemical, Monsanto ou Syngenta. Les faces cachées d’un commerce sans merci pour la santé du peuple.

«  En face de nous ce sont des multinationales, elles ont une force économique que n’a pas l’État. Les tribunaux d’arbitrage programmé dans le TAFTA représentent un grand danger : les états se trouveraient subordonnés aux multinationales  » précise Nelly Peugeaud, rédactrice en chef de Nature & Progrès. Selon certaines critiques, la signature de l’accord pourrait poindre l’arrivée d’un système juridique permettant aux entreprises d’attaquer un état, sans que celui-ci puisse riposter. En effet, le TAFTA doit valider une justice privée d’exception qui ne serait ainsi qu’au service des multinationales. Le TAFTA renforce les droits des grandes industries sur l’État. Les entreprises pourront alors poursuivre les gouvernements en réponse au droit d’expropriation sans concession. Une régression pour l’avenir de la transition énergétique.

 
Lire aussi « TAFTA : l’air de l’uniformisation des cultures culinaires »
 

Maïlys Kerhoas pour sereni.org

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Une réponse à “Monsanto refuse l’offre de Bayer”

  1. Rousset marie dit :

    Bel article et renforce encore l’idée que la lutte n’est pas finie !
    Nous devons continuer à diffuser la liste des produits Monsanto et appeler au boycott sans oublier de soutenir les agriculteurs bio !
    Grow local !

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