Le vin se met au bio

Encore minoritaire il y a quelques années, le vin bio est en train de remettre en question le marché du vin.

Les vins biologiques suscitent un engouement croissant en France. Ils se veulent 100% bio et respectueux de l’environnement. Il est souvent reproché au vin issu de la production conventionnelle d’être bourré de pesticides, alors opter pour le vin bio peut être une bonne alternative. Comme son nom l’indique, le vignoble biologique a recourt à des pratiques naturelles soucieuses du respect de l’environnement. Donc l’usage de produits chimiques est proscrit. Encore minoritaire il y a quelques années, le vin bio est en train de remettre en question le marché du vin.



Qu’est-ce qu’un vin « bio » ?

 

 

Selon la terminologie en vigueur, il s’agit d’un « vin issu de raisins produits en agriculture biologique« . En fait sa production se rapproche fortement des techniques traditionnelles. Elle a pour objectif de produire un vin exempt de polluants dans le respect de l’environnement. En effet, le vin bio est cultivé sans engrais ni tout autre produit chimique comme les désherbants chimiques, les pesticides, les fongicides chimiques… L’emploi du cuivre (bouillie bordelaise) est encore toléré mais des solutions de remplacement se mettent en place petit à petit. Mais encore, le vin bio n’est ni artificiellement stabilisé ni standardisé, ou encore banalisé ; c’est un produit naturel qui continue à vivre après la mise en bouteille. Le vigneron qui prépare du « vin bio » essaie de renforcer au maximum les défenses des vignes pour limiter les traitements. Élaborer un vin bio demande 20 à 30% de main d’œuvre supplémentaire par rapport à une agriculture conventionnelle.



Que dit la législation ?

 

 

En réalité, sur le plan légal, le vin bio n’existe pas. Il n’y a pas, à ce jour, de réglementation concernant la vinification dite « bio ». Toutefois, les vignobles biologiques font l’objet de contrôles réguliers par un organisme de contrôle indépendant et agréé par le ministère de l’agriculture. Les autorités peinent à trancher la question des vinifications bio, les chartes privées restent à ce jour la seule alternative pour les domaines souhaitant produire un vin bel et bien bio. Jusque là, les chartes privées étaient nationales ou régionales. En avril 2011, une charte privée d’envergure européenne a vu le jour : la Charte européenne de Vinification Biologique (CEVinBio) a été construite par des organisations françaises, italiennes et suisses.



Le programme ORWINE

 

 

Financé par la Commission européenne, ce programme a plusieurs objectifs :

– mieux connaître les pratiques œnologiques des vignerons biologiques européens.
– tester des pistes d’amélioration de celles-ci
– clarifier les conditions dans lesquelles peuvent être définies des règles communes pour la vinification biologique.

Le but de ce projet est la modification du règlement 2092/91 pour y intégrer les vins, jusqu’alors exclus de l’annexe 6. Le programme Orwine a échoué à mettre en place une certification du vin bio. Le consommateur ne peut donc pour le moment que se fier aux chartes de droit privé puisqu’officiellement le vin bio n’existe pas ! Cependant, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la surface des terres biologiques en France devrait être triplé d’ici à 2012. Voilà finalement une bonne chose pour l’avenir du vin bio.



Les labels

 

 

Le logo AB : les vins dits  » de raisins issus de l’agriculture biologique »

L’exploitant n’utilise ni engrais chimiques, ni désherbant chimique, ni pesticides , ni fongicides chimique. Il paie une société certificatrice habilitée pour être contrôlé une fois par an sur rendez-vous et aussi de manière inopinée. Les sociétés certifiées par le ministère de l’agriculture sont « Ecocert« , « Ulase, « Qualité France« , « Aclave », « Agrocert« . Celles-ci sont habilitées à utiliser le fameux logo AB.

Nature et Progrès

Il s’agit d’un organisme certifié que l’exploitant agricole respecte son cahier des charges. Celui-ci est encore plus contraignant que le cahier des charges du ministère. Toutefois, « Nature et progrès » n’est pas habilité à utiliser le logo AB du ministère.
La période de conversion au label AB dure trois ans et quatre productions. Pendant ce temps-là, le vigneron n’est pas autorisé à apposer le logo AB sur ses étiquettes, il doit s’en tenir à la mention : « En court de conversion vers l’agriculture biologique ».


Outre l’impact sur l’environnement de l’agriculture bio, consommer du vin bio présente de nombreux avantages. Mais encore on dit que le vin bio a plus de goût car il ne contient aucune substance chimique. Et en terme de prix, il n’est pas plus cher qu’un vin conventionnel. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas parce qu’un vigneron se dit bio qu’il est forcément un excellent vigneron.


A savoir : au mois de janvier de chaque année se tient le salon Millésime Bio qui est strictement réservé aux professionnels des métiers d’achat du vin (négociants, courtiers, cavistes, sommeliers, importateurs…).

Cliquez ICI pour vous inscrire.



• Emmanuelle Grimaud, pour www.sereni.org



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *