Carburer au Beaufort, c’est possible ?

Vous aimez l’idée d’un compost dans votre jardin pour recycler vos déchets organiques ? Alors vous allez adorer la démarche de ces producteurs de Beaufort ! L’idée est simple : utiliser les résidus de production du célèbre fromage Savoyard pour produire de l’électricité.

 
 
 

S’il occupe une place privilégiée sur le plateau de fromages, le Beaufort vient de révéler une nouvelle qualité. Plus précisément, c’est le petit lait (ou lactosérum), la partie liquide restante dans la préparation du célèbre fromage Savoyard, qui s’avère idéal à la méthanisation. Les bactéries contenues dans le petit lait permettent une fermentation qui donne lieu à un gaz par la suite transformé en électricité.

 
 

Faire de l’électricité grâce au Beaufort, c’est possible. Image du domaine public.

Un projet né des sept coopératives de l’Union des producteurs de Beaufort qui ont investi dans Savoie lactée, une usine de méthanisation. Celle-ci a été mise en place par la société toulousaine Valbio. Inaugurée le 9 octobre 2015, cette usine aussi incroyable qu’économique se trouve à Albertville, au croisement des vallées de la Tarentaise, du Beaufortain et du val d’Arly, et en amont de la combe de Savoie. Pour donner une idée de ses bienfaits, Savoie lactée permet de recycler 100 000 litres de petit lait par jour, soit de quoi éclairer 1 500 familles. Terminé les 800 000 km d’allers-retours par an en camions citernes pour transformer le petit lait en complément alimentaire à l’autre bout de la France. En reliant uniquement les alpages des quatre vallées à l’usine, ces mêmes camions parcourent dix fois moins de kilomètres et économisent plus de 1000 tonnes équivalent carbone en émissions de gaz à effet de serre. S’il en existe une quinzaine d’usines similaires en France, l’usine imaginée par les producteurs de Beaufort est la seule de cette taille à combiner transformation du petit-lait et méthanisation.

 
 

Des efforts qui payent

 

Les 650 agriculteurs de la zone Beaufort en Savoie, réunis en sept coopératives à l’origine de ce projet peuvent être fiers de leurs efforts. Avec pas moins de 128 000 meules de Beaufort, soit 5 100 tonnes produites en 2015, les agriculteurs peuvent sentir les bienfaits de la méthanisation du petit lait. La revente du lactosérum aux grands groupes laitiers n’était pas une source de revenu rentable après avoir payé les frais de transport. L’investissement de base d’un montant de 13 millions d’euros a pu bénéficier de 2,5 millions de subventions. Si le coût de l’opération est important, la station sera payée dans « cinq à sept ans » selon François Decker, le PDG de Valbio. Savoie lactée a également permis la création de 10 emplois. En retrouvant leur liberté, les agriculteurs ont lancé une usine à énergie positive, plus respectueuse de l’environnement et plus économique pour eux. Du statut de déchet, le petit lait est désormais devenu une matière noble.

 
 

En résumé, grâce à la méthanisation, le petit lait issu de la préparation du Beaufort permet de produire de l’électricité. EDF s’occupe ensuite d’alimenter les foyers qui pourront utiliser leur cuisinière ou brancher leur appareil à fondues… à base de Beaufort !

 
 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.

 
 



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